La Banque d’Algérie a rendu publiques, hier, ses nouvelles coupures de 500 et de
1000 dinars ainsi que la nouvelle pièce de monnaie de 100 dinars ; une opération de rafraîchissement des billets de banques, dont le règlement a été publié fin décembre 2018.

Ces deux nouveaux billets de banque et cette nouvelle pièce de monnaie seront en circulation dès la seconde moitié du mois de février en cours. La production s’étalera, elle, sur plusieurs mois, étant donné qu’il s’agit «d’un long processus qui se fera en fonction des besoins émis par le Trésor ».
Hier, lors d’une conférence de presse organisée dans les locaux de la Banque centrale, à Alger, les responsables de cette institution ont tenu à préciser, d’abord, que « les nouveaux billets de banque et cette pièce de monnaie circuleront concomitamment avec les autres billets de banque et pièces de monnaie actuellement en circulation, de même valeur faciale ». En termes plus simples, il ne s’agit tout bonnement d’une opération de rafraîchissement prévue depuis fin 2018 et qui touche essentiellement deux billets de banque et une pièce de monnaie.
Il ne sera donc aucunement d’une opération destinée à remplacer les anciens billets, encore moins d’une action « destinée à absorber les montants de l’informel. Pour cela, il y a des mécanismes qui sont dédiés à lutter contre l’informel ». Cependant, sur le long terme, les responsables de la Banque d’Algérie n’excluent pas l’éventualité que les anciennes coupures ne soient plus en circulation. Selon eux, tous les billets qui seront retirés pour des raisons liées à leur état ne seront remplacés que par les nouvelles coupures.
C’est-à-dire que la production de monnaie ne portera désormais que sur les nouvelles coupures ; celles-ci pourraient ainsi, à terme, remplacer graduellement les billets de banque actuellement en circulation. Il s’agit donc de deux nouveaux billets de banque de 1000 et de 500 dinars ainsi que d’une pièce de monnaie de 100 dinars, «dotés des éléments les plus à jour en matière de design, de fiabilité et de sécurité ». La plus haute institution monétaire dit, par la voix de ses directeurs, vouloir investir davantage dans la sécurité et la lutte contre la contrefaçon et la reproduction. Au lendemain de l’annonce, par le gouverneur de la Banque d’Algérie, de cette opération de rafraîchissement des billets de banque, l’information s’est répandue comme une traînée de poudre dans les réseaux de l’économie souterraine. Les uns craignaient que cette action ne traduise une volonté de s’attaquer à l’informel au moyen de l’artifice monétaire, tandis que d’autres ont en fait usage pour renchérir la valeur des devises sur le marché parallèle. Le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Loukal, avait souligné d’ailleurs avec insistance que « cette action ne constitue qu’une substitution progressive en matière de recyclage des billets en circulation de 500 DA et de 1.000 DA, à même valeur faciale ».
Il avait alors précisé que cette opération « ne peut être et ne doit pas être interprétée comme un changement de la monnaie nationale ». Une telle option suppose que l’on retire de la circulation tous les billets de banque et pièces de monnaie afin que l’argent non bancarisé disparaisse définitivement. Cette option a fait débat l’année dernière suite à l’échec des opérations de bancarisation de l’économie lancées par le gouvernement en 2015 et en 2017. La polémique avait enflé davantage lorsque l’Exécutif avait fait valider par le Parlement le choix de la planche à billets. Quelques semaines après l’annonce, par Mohamed Loukal, de l’intention de son institution d’émettre de nouvelles coupures et pièces de monnaie, un règlement de la Banque centrale portant création de ces deux nouveaux billets de banque et de la nouvelle pièce de monnaie métallique de 100 dinars a été publié au Journal officiel n°73 de l’année 2018. <