L’Institut arabe du théâtre a annoncé sur son site internet les résultats du Prix du meilleur texte théâtral dédié au jeune public 2018, avec sur le podium deux auteurs dramaturges algériens.

Ainsi, Youcef Baalouj a remporté le Premier prix du concours avec son texte «Qomqom, le génie des livres», et Kenza Mebarki a décroché le troisième prix avec son texte «La ville de Nano». Les lauréats ont concouru aux côtés de soixante-dix autres candidats de plusieurs pays arabes. Le deuxième prix a été gagné par le texte marocain «L’Aiguille ne sert pas à la broderie» de Hichem Diouan, et la troisième place ex æquo, avec l’Algérienne, a été remportée par le texte égyptien «Mandour et le stylo enchanté» de l’auteur Mohammed Kasber. Le jury est composé de Fatima El Maadoul (Egypte), Ezahra Ibrahim (Maroc) et Hussein Ali Haref (Irak). A l’annonce des lauréats algériens, le ministre de la Culture, M. Azzedine Mihoubi, a félicité, dans un communiqué parvenu avant-hier à notre rédaction, les deux lauréats, fierté de l’Algérie, déclarant que «ce nouveau sacre constitue une nouvelle fois l’inspiration pour l’écriture théâtrale et la littérature théâtrale, en général, confirmant l’énorme potentiel artistique et créatif de l’Algérie». Il a souligné également dans le communiqué que «Youssef Baâloudj a remporté le Premier prix pour son texte dans lequel il réclame la réhabilitation de l’écriture et de la lecture en utilisant le patrimoine narratif arabe comme stations de théâtre». Rappelons que le jeune auteur avait été également couronné du prix Sharjah pour la première édition du théâtre pour enfants. Azzedine Mihoubi a félicité également, dans le communiqué, la lauréate Kenza Mebarki rappelant que «cette jeune écrivaine a aussi remporté plusieurs prix dans le domaine de l’écriture théâtrale. Le théâtre algérien lui doit également de nombreuses représentations d’œuvres dont la dernière en date est ‘’Juha Digital’’, actuellement produite par le Théâtre de Skikda».

Le théâtre pour enfant, terreau de créativité
Suite à l’annonce de son Premier prix Youssef Baâloudj, contacté par Reporters, nous a confié que cet exploit marque son retour à l’écriture après avoir été préoccupé par d’autres projets, estimant que «de telles récompenses m’incitent à terminer mon travail et à sortir du cycle de la paresse. Je dois me consacrer à cette importante spécialité, liée au théâtre pour enfant, car cette dernière se fait rare en Algérie». L’idée du texte qu’a réalisé Baâloudj est inspirée de la grande légende «les Mille et Une Nuits». Il nous explique, à ce sujet, que «ce texte résulte d’une idée originale sur l’histoire de deux enfants qui vivaient des aventures fictives avec le génie du livre, appelé Qomqom». Il a mis en exergue le fait que le texte «fait référence que les enfants délaissent la lecture pour la technologie qui interfère dans la vie de la jeune génération». Il a en outre écrit son texte en s’inspirant de trois histoires légendaires, à savoir Sindbad, Ali Baba et Aladin. Pour expliquer cette démarche d’intertextualité, Youssef Baaloudj a estimé que «les écrivains et les dramaturges arabes ne s’intéressent pas à cet héritage intellectuel arabe. Alors que leurs homologues occidentaux continuent à s’en inspirer. Pour preuve, le travail de Disney qui a produit un film sur le personnage d’Aladin et la lampe magique». Dans ce sillage, il a également déclaré vouloir s’inspirer des légendes et histoires populaires algériennes mais que ce n’est pas possible car «ces histoires ne sont pas rassemblées dans un livre ou un autre support disponible, alors que nous avons beaucoup d’histoires qui méritent d’être racontées et mises en scène». Pour sa part, Kenza Mebarki nous a, également, exprimé sa joie d’avoir remporté ce précieux prix en nous confiant : «Ce prix est une lourde responsabilité. Je dois donner aux prochaines étapes des œuvres plus créatives. Je suis, toutefois, très satisfaite d’avoir écrit. Ce texte pour enfant m’a procuré un grand plaisir et m’a aussi plongée dans le monde enfantin qui m’a permis de progresser dans mon apprentissage.» L’oratrice s’est également félicitée que ce prix soit décerné par l’une des plus importantes institutions arabes de soutien au théâtre, en mettant en exergue que «les auteurs sélectionnés dans ce programme ont présenté des projets sérieux qui ne peuvent pas être improvisés ou mal jugés». Kenza Mebarki nous a révélé que le texte intitulé «La Ville de Nano» s’adresse aux enfants et aux adolescents. Il relate une histoire mêlée de magie propre à la jeunesse, d’atmosphère de science et de savoir et d’authenticité du patrimoine culturel arabe porté par deux enfants arabes dans des nanoparticules créatives à une ville. Ainsi, cette immersion dans l’esprit arabe ouvert à l’héritage du savoir humain, dans un monde de micro, est l’un des plus importants héritages culturels et populaires humanistes.n