Même si la pandémie ne se conjugue pas encore au passé, ses effets négatifs tant appréhendés commencent déjà à se « matérialiser ». L’un des premiers de 2021 est parvenu de Sonelgaz. En guise de « bonne année » (c’est carrément la première sortie officielle depuis fin décembre), la société nationale a annoncé avoir lancé l’opération de recouvrement des créances. Les cibles, comme l’a déclaré la chargée de communication, sont les abonnés ayant cumulé un retard de paiement de 4 factures et plus. L’objectif est de récupérer les dettes estimées à 160 milliards de dinars, dont 53% chez les particuliers et 47% chez les administrations publiques. Ce (nouveau) discours de Sonelgaz est ainsi bien différent de celui qu’elle avait quasiment tout au long de l’année dernière et dans lequel elle répétait qu’elle « ne coupera pas le courant électrique ni le gaz pour les citoyens qui n’ont pas pu payer leur facture jusqu’à la fin de la pandémie ».
Cette opération de recouvrement n’est pas la première de Sonelgaz. Depuis plusieurs années, nombre de ses responsables annonçaient le lancement de ce « programme » dans l’espoir de renflouer les caisses et récupérer « leur » argent. Mais cette fois les données sont bien différentes.
Concernant la situation financière de la société nationale, le déficit engendré par ces dettes est énorme. Selon les déclarations même du PDG du groupe, Chahar Boulakhras, en décembre dernier, les créances détenues auprès de la clientèle ont triplé entre 2019 et 2020. Quoi de plus normal que de récupérer les dettes ! Toutefois, la situation reste toujours exceptionnelle. La pandémie, même si la situation sanitaire est plus au moins stable actuellement, sévit encore. Les conséquences engendrées par la Covid-19 sur la société sont encore palpables. Quand ce n’est pas le chômage, c’est souvent les salaires des employés qui ont été revus à la baisse, et au final se sont les familles qui se sont retrouvées dans de graves situations financières. C’est que les difficultés de l’année 2020 existent toujours et quasiment rien n’a changé. Comment ces familles pourront-elles payer les factures ? Il faut bien se poser la question. Sonelgaz, dont les responsables ne cessent jamais de rappeler qu’elle est avant tout une société citoyenne, va devoir trouver des solutions non-radicales, tout au moins face aux familles dans le besoin. Ces dernières sont de plus en plus nombreuses. Le rappel s’impose, ce sont ces familles qui ont été les plus touchées par la crise sanitaire.