Le dossier judiciaire des circonstances du «détournement» du navire commercial Imadghassen, a enregistré hier un nouveau rebondissement. L’affaire, notamment marquée par la récupération et le retour du navire en Algérie en février dernier, s’est en effet conclue par un verdict d’innocence du principal accusé.
Les juges du tribunal de Sidi M’hamed ont en ce sens abandonné l’ensemble les charges contre le dénommé H. M., un directeur d’une société privée soupçonné jusque-là par la justice d’avoir volontairement ordonné la fuite du navire vers un port étranger, alors que le bien faisait l’objet d’une saisie dans le cadre d’une affaire de corruption.
Le navire de transport commercial Imadghassen, «détourné vers l’étranger» par son affréteur et dont la valeur est estimée à près de 18 millions de dollars, a été saisi «suite à une enquête judiciaire dans une affaire de corruption», selon les déclarations faites en février dernier par le Procureur général près la Cour d’Alger, Mourad Sid-Ahmed. L’intervention des autorités judiciaires aurait cependant permis l’immobilisation du navire dans un port français puis son retour en Algérie. L’APS soulignait, en février dernier, qu’après une série de contentieux commerciaux et des poursuites pénales «ces efforts ont été couronnés par la récupération du navire qui a accosté dimanche (13 février) au port d’Alger».
Quant à l’action de la justice, le Procureur général avait notamment fait savoir, «en date du 23 janvier 2022, qu’un juge d’instruction a ouvert une enquête sur l’affaire, suite à quoi le principal accusé, qui est directeur d’une société privée, a été placé en détention provisoire, alors qu’un autre accusé a été mis sous contrôle judiciaire».
En ce sens, il est à souligner que ce «principal suspect» avait fait l’objet de plusieurs accusations relativement graves et, notamment «recel d’avoirs criminels issus d’affaires de corruption» et «blanchiment d’argent». Des actes que l’accusé avait énergiquement niés lors des auditions, expliquant au contraire qu’il ignorait que le navire avait fait l’objet d’une saisie par décision de justice. La première audience du suspect, la semaine dernière, avait par ailleurs apporté certaines informations sur la nature des soupçons de la justice lorsque la défense de l’accusé avait réfuté, selon des sources de presse, «tout lien avec la famille Arbaoui», avant d’ajouter plus loin que l’accusation de blanchiment d’argent était infondée, en plus de n’avoir jamais «crée d’entreprises fictive destinée à détourner des fonds». Une ligne de défense qui a visiblement convaincu les juges et coïncidé avec les éléments matériels à disposition de la justice.