La Chambre d’accusation près la Cour d’Alger a rejeté, hier, la demande de libération de Karim Tabbou, coordinateur de l’Union démocratique et sociale (UDS), parti non agréé, a indiqué Djaffar Tabbou, frère du prévenu, dans un post sur Facebook.

La Cour d’Alger devrait statuer sur la demande de libération mercredi prochain. Le leader de l’UDS a été placé le 02 octobre dernier en détention préventive par le Parquet de Sidi M’hamed pour les chefs d’inculpation d’atteinte à l’unité nationale et incitation à la violence via ses publications sur les réseaux sociaux. Le mis en cause a été arrêté le 12 septembre dernier pour «démoralisation des troupes de l’armée en temps de paix, avant d’être remis en liberté par le Parquet de Tipasa, avant d’être arrêté à nouveau 24 heures après et placé en détention provisoire.
Si le séjour carcéral de Tabbou se prolonge, ce n’est pas le cas pour le comédien Abdelkader Djeriou, qui regagne son foyer. Ce dernier, arrêté en fin d’après-midi vendredi 20 décembre, au niveau d’un barrage de la gendarmerie de la commune Oued Tlelat, à une vingtaine de kilomètres à l’est d’Oran, a été présenté hier devant le procureur de la République de la même commune. Après 48 heures de garde à vue, le comédien a été remis en liberté, annonce son avocat Mohamed Kerma. «Le dossier de Djeriou a été classé sans suite», a-t-il fait savoir dans une vidéo. Dans un communiqué rendu public, le RCD condamne pour la énième fois les arrestations «arbitraires qui touchent les Algériens» depuis l’enclenchement du mouvement populaire en cours. « L’arbitraire n’a épargné ni les citoyens ni les porteurs du drapeau berbère ni les artistes», écrit le RCD dans un communiqué signé par le chargé des affaires juridiques du parti, Djamel Benyoub.
Aujourd’hui, 13 des porteurs de drapeau berbère auront purgé une peine de six mois qui leur a été infligée. Ces derniers ont été placés en détention préventive le 23 juin dernier par le juge d’instruction près le Tribunal de Sidi M’hamed pour atteinte à l’unité nationale, en application de l’article 79 du code de procédures pénales et condamnés, le 12 novembre, à six mois de prison ferme. Le parti de Mohcine Bellabes estime que ces jeunes seront accueillis en «héros» par le peuple algérien. Le RCD appelle à ce propos «à la poursuite de la lutte pour leur acquittement et leur réhabilitation» et à une mobilisation «large et pacifique» pour libérer tous les prisonniers d’opinion ainsi qu’à l’abandon des poursuites judiciaires lancées à leur encontre.
Au tribunal de Dar El beida, l’activiste Fodil Boumala, placé le 19 septembre sous mandat de dépôt à la prison d’El Harrach (Alger) et poursuivi pour «atteinte à l’intégrité et l’unité du territoire national», a été entendu et reconduit en prison. Le parquet de Sidi-M’hamed, dont les présentations sont boycottées par le Collectif de défense des détenus d’opinion, a entendu au cours de la même journée quatre détenus dont un militant du RCD. Quant au tribunal d’El Harrach, il a reporté le procès d’Amine Akessa, détenu d’opinion, au 5 janvier prochain, ajoute le CNLD.
Aujourd’hui, le même parquet a programmé l’audition dans le fond de quatre autres détenus du Hirak, indique le Comité national pour la libération des détenus d’opinion (CNLD).
Hier, le parquet de Annaba a reporté au 19 janvier prochain le verdict dans l’affaire du rédacteur en chef du journal Le Provincial, Mustapha Bendjama. Ce dernier, interpellé à plusieurs reprises depuis le début du mouvement populaire le 22 février dernier, a été frappé le 26 novembre dernier d’une Interdiction de sortie du territoire national (ISTN) émise par le parquet. Il est poursuivi pour «incitation à l’attroupement non armé, empêchement du processus électoral».