PAR NAZIM B.
Après les mesures d’élargissement, annoncées avant-hier mardi, au profit des 60 jeunes en détention pour des faits liés à la triche dans les épreuves du baccalauréat, des mesures de clémence supplémentaires ont été décrétées hier par le président Tebboune.
Ces mesures ont été prises à l’occasion de la célébration du 59e anniversaire de la fête de l’Indépendance et de la Jeunesse, selon un communiqué du ministère de la Justice, qui précise qu’elles «viennent s’ajouter à celles annoncées le 4 juillet 2021». La même source a relevé que «la teneur de ces mesures sera annoncée dans les prochaines heures». Il faut souligner que les mesures décrétées le 4 juillet concernent «les jeunes poursuivis pénalement et se trouvant en détention pour avoir commis des actes liés à l’attroupement». Les juridictions compétentes ont procédé, à partir de cette date, à l’élargissement de ces individus dont le nombre s’élève à 18.
En attendant d’amples informations quant à la catégorie des détenus concernés par cette nouvelle grâce, cette démarche d’élargissement est de nature à susciter de l’espoir à ce que les détenus puissent retrouver leurs proches dans les prochaines heures. D’autant plus que le nombre de détenus est important, puisque le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) et les avocats l’estime à 300. «Nous ne pouvons pas donner le nombre juste des personnes poursuivies en justice pour leurs opinions. Car, les arrestations et les incarcérations se font quotidiennement. En plus, en prison, il y a des détenus qui sont jugés, d’autres qui attendent de passer devant le juge», a indiqué Maître Toufik Belala. «Par contre, nous pouvons avancer le chiffre de 300 détenus d’opinions. Il y a également des centaines de poursuivis», précise-t-il.
Pour sa part, Maître Mostefa Bouchachi, indigné par la succession des arrestations, a appelé à l’arrêt des poursuites «arbitraires» des manifestants. «Depuis que j’exerce comme avocat, je n’ai jamais constaté autant de cas d’atteintes aux droits et des libertés, contraires à la Constitution. Nous enregistrons une répression sans précédent du Hirak. On est arrivé à un point où l’on arrête arbitrairement des gens en pleine rue. Environ 214 personnes sont emprisonnées pour avoir participé aux manifestations du Hirak», a-t-il soutenu.
De son côté, la LADDH, par la voix de son vice-président, Saïd Salhi, s’est montrée «insatisfaite» après la première grâce présidentielle. «Gracier une dizaine de détenus d’opinion poursuivis pour attroupement, oui, mais c’est insuffisant, il faut libérer l’ensemble des détenus d’opinion et surtout cesser la répression, respecter les droits humains et abroger toutes les lois liberticides, particulièrement l’article 87 bis du code pénal qui constitue une menace avérée contre les droits humains», a indiqué la LADDH.
«En février passé, il y a eu une grâce, deux mois après nous sommes revenus au même chiffre de détenus et, aujourd’hui, nous avons atteint le chiffre de 300…», pointe la même organisation. <