Par Feriel Nourine
Si Air Algérie a été autorisée par l’Etat à acquérir 15 avions supplémentaires au bénéfice de sa flotte, c’est visiblement pour d’abord mettre les moyens nécessaires qui permettent au pays de diversifier réellement son partenariat économique et ses échanges commerciaux.
C’est en tous les cas ce que laisse assez explicitement entendre le communiqué de la Présidence lorsqu’il précise que ces 15 avions serviront à l’ouverture de nouvelles lignes notamment vers des pays africains et asiatiques.
Face à une cartographie de dessertes largement acquise au continent européen, dont notamment une Union européenne qui exporte vers l’Algérie exagérément plus que ce qu’elle en importe, les autorités du pays se trouvent aujourd’hui devant l’impératif d’inscrire dans les brefs délais de nouvelles destinations sur le carnet de bord de la compagnie nationale.
Celles-ci se trouvent en Afrique et en Asie, deux continents avec lesquels l’Algérie est en train d’effectuer une avancée sur le registre de la coopération économique.
Mais c’est peut-être surtout à destination de l’Afrique que l’essentiel des nouvelles lignes seront ouvertes. Une logique qui obéirait alors à l’offensive opérée ces dernières années par les entreprises nationales, privées et publiques, pour conquérir le marché africain et accomplir une bonne partie du chemin vers la diversification des exportations hors-hydrocarbures.
Une perspective et des objectifs qui imposent à l’Algérie l’initiative de mettre en place la logistique nécessaire pour les réaliser, notamment à travers les moyens de transport dont l’Afrique souffre énormément et voit la coopération économique entre ses pays réduite à des volumes d’échanges insignifiants, voire dérisoires dans certains cas.
Ces dernières années, les hommes d’affaires algériens sont de plus en plus nombreux à voyager en Afrique en quête d’opportunités à verser au compte de leurs projets d’installer leurs produits sur le marché de ce continent.
Après une halte des déplacements imposée par la pandémie de Covid-19, le retour vers ce marché devrait s’opérer en force, comme en témoigne le tout fais programme, communiqué en fin de semaine dernière, sur la participation des entreprises algériennes aux manifestations économiques à l’étranger durant cette année 2022.
Plusieurs rendez-vous dans des pays africains figurent sur ce programme dont la Libye, le Niger, la Côte d’Ivoire et la Mauritanie. Lesquels verront les opérateurs nationaux exposer leurs produits.
Dans le cas de la Mauritanie, une voie maritime a déjà été inaugurée en février dernier, dans le cadre de la dynamique qui favorise ces dernières années la coopération entre les deux pays, en faisant de la Mauritanie un portail vers la conquête des marchés de l’Afrique de l’Ouest.
Une opération signifiant que la liaison terrestre algéro-mauritanienne ne pourrait assurer, ni assumer, à elle seule, les objectifs fixés à travers cette conquête. Celle-ci a besoin d’autres voies de transport, et après la ligne maritime entre Alger et Nouakchott, une ligne aérienne est déjà programmée entre les deux capitales. Elle ne devrait pas tarder à voir le jour si l’on se réfère aux destinations prioritaires citées en réunion du Conseil des ministres.