Par Hamid Bellagha
Après une longue hibernation, l’Algérie se rend compte enfin que l’avenir de son économie pourrait se jouer à ses frontières du sud du pays. Les précédents essais de se placer au sein d’une organisation régionale ou internationale ont, on se rappelle, lamentablement échoué. L’union maghrébine qui n’a jamais existé dans les faits a été le premier couac d’un regroupement des pays éponymes. Suivra la fameuse OMC où l’Algérie y avancera toujours d’un pied tout en reculant de l’autre. D’autres regroupements régionaux méditerranéens échoueront aussi, les déséquilibres flagrants entre la rive Nord et celle du Sud de la mare nostrum créant un avantage certain pour la rive du Sud de l’Europe.
Plus récemment, un accord douanier et économique entre les pays arabes mais ne donnera rien concernant les attentes des Algériens, notre production de biens de consommations étant trop approximative et ne concurrencera point celles égyptienne ou saoudienne, par exemple.
La situation géopolitique et la création de nouveaux pôles dans le monde feront que l’Afrique, cette fois, ne veut point rester en spectateur des nouvelles donnes après, encore, l’invasion de l’Ukraine. Plusieurs pays africains veulent ressusciter le vieux concept des accords Sud-Sud, une variante des pays non-alignés des années 70 du siècle dernier. Les économies du continent noir n’étant plus balbutiante et se détachant peu-à-peu du néo colonialisme, en plus d’une croissance supérieure à celles des pays nantis, il était peut-être temps de « se donner la main » comme le recommandait il y a plusieurs décennies un vocable communiste.
L’Algérie qui bénéficie, encore, de rentrées substantielles en devises fortes et disposant d’une ressource humaine presque illimitée ne pouvait rester au bord du chemin que l’Afrique s’apprête à tracer. Entre les vols vers les capitales africaines qui ont repris, la possibilité pour les aéroports d’Alger et de Tamanrasset de se transformer en hubs, et encore la production locale d’électroménagers, agricoles ou de minerais, Alger pourrait jouer un rôle non négligeable dans la nouvelle Afrique.
Car le continent noir n’est plus ce comptoir colonial où l’on va pour vendre et rentrer à la maison plein les poches. Le continent est la convoitise de plusieurs pays européens, comme toujours, et plus récemment asiatique, chinois surtout, et russes. Ce n’est plus donc une sinécure que d’investir en Afrique, et c’est à nos économistes et patrons de redoubler d’ingéniosité pour placer des pions sur un échiquier qui menace, d’ores et déjà, de décréter un échec et mat pour les mauvais élèves.