A quelques jours de la fin de la période de confinement, en attendant de savoir s’il y aura prolongation ou non, la question du port du masque de protection dans l’espace public suscite l’intérêt général. Et pour cause, en pleine pandémie de coronavirus, le port du masque est devenu obligatoire dans l’espace public et la non-conformité avec cette exigence soumettra le contrevenant à des sanctions déjà en vigueur. Cette nouveauté dans l’obligation du port du masque et, partant, dans la règle coercitive en cas de non-conformité, semble annoncer déjà l’après-confinement et ses conditions. Le prix de cet accessoire de protection, devenu aujourd’hui inévitable pour espérer un assouplissement des mesures vécues de plus en plus difficilement par la population, reste soumis à diverses appréciations et autres estimations qui ne font que dérouter le citoyen. Ce dernier, soumis désormais à cette exigence, ne demande qu’à se procurer un accessoire disponible et à un prix accessible au plus grand nombre. L’usage quotidien du masque en fait déjà un consommable recherché et son prix un véritable sujet de société. Pour beaucoup de consommateurs, le prix de ce produit a promptement doublé notamment depuis son obligation par les autorités compétentes depuis le premier jour de l’Aïd. Pour le très médiatique président, Mustapha Zebdi, de l’Association algérienne de la protection des consommateurs et de l’environnement (Apoce), il ne fait plus aucun doute que le port du masque de protection est devenu une nécessité absolue. Et que les citoyens se doivent en cas de nécessité de confectionner leurs propres masques «en utilisant un bout de tissu». Intervenant hier à la radio nationale, Zebdi a estimé que le prix annoncé de 40 DA de ces masques, devenus aujourd’hui obligatoires, est très élevé pour la plupart des Algériens, révélant que son coût réel ne dépasse pas les 15 DA. Il insistera par ailleurs sur la nécessité de rendre disponible cet objet de protection dans les pharmacies afin de garantir sa qualité et les normes requises pour ce type de produit. Zebdi a rappelé que l’association qu’il préside a été la première à appeler «officiellement» à l’imposition du port obligatoire du masque et ce au début de la crise sanitaire du Coronavirus. Il citera un sondage effectué à cet effet par l’Apoce qui aurait recueilli plus de 80% en faveur du port obligatoire du masque. Mais la question du prix pour ce produit obligatoire demeure entière. Le Pr Mehyaoui, membre du Comité scientifique de lutte contre la Covid-19, avait assuré il y a quelques jours que le masque «grand public» sera disponible en quantité suffisante et son prix sera «plafonné à 40 DA». Un prix qui fera sourire la majorité des citoyens. Interrogés certains déclarent l’avoir acheté à 60 DA, 70 DA, voire 100 DA. Pour la qualité et la fiabilité du produit, il reste très difficile pour le commun des citoyens de le savoir. Souvent certains sont satisfaits de pouvoir enfin trouver le fameux produit pour rechigner sur son coût préférant parer au plus pressé en attendant de voir mieux en ces temps d’incertitude. D’autres se rabattent sur les «masques lavables» cadrant mieux avec un usage régulier appelé visiblement à s’étendre dans le temps. Certaines pharmacies proposent déjà des masques de différentes normes, mais vendues à des prix élevés. Ainsi au moment où les autorités tiennent à rassurer sur la disponibilité du masque de protection, la question du prix reste volatile et tributaire de multiples paramètres. En parallèle, de ces questions de disponibilité et de prix et en attendant un début de déconfinement progressif, le port du masque devrait en tout cas constituer un sérieux indice pour l’évolution de la lutte contre une pandémie qui met en difficulté beaucoup de pays dans le monde. n