L’information selon laquelle le groupe Condor va installer au Sénégal une représentation commerciale est un indicateur que les marchés africains intéressent réellement les opérateurs algériens capables de se positionner à l’export.

N’est pas Condor qui veut, bien sûr : le fabricant d’équipements électroménagers, électroniques et informatiques grand public figure aujourd’hui parmi les entreprises algériennes qui se sont d’abord imposées sur le marché domestique et ont réussi à faire de leur production non pas seulement une marchandise de qualité et appréciée par le consommateur algérien mais un label auquel on s’identifie culturellement aujourd’hui. Pour qu’un produit industriel pénètre l’imaginaire du collectif national, il faut du sérieux et du solide ! Derrière Condor, cependant, il y a un réel désir pour beaucoup d’entreprises algériennes de petit et moyen gabarit d’aller vers des marchés étrangers, en particulier ceux de la proximité africaine comme ceux du Mali, de la Mauritanie, de la Tunisie, du Burkina Faso et d’autres. Pour preuve, le forum récent organisé par le FCE pour envoyer un signal aux partenaires africains et aux décideurs politiques dans notre pays pour que le dispositif d’encouragement à l’export actuellement mis en place soit davantage étoffé par un accompagnement technique et logistique sérieux et par un appui fiscal qui n’est jamais de l’ordre du donné dans ce cas de figure-là, sachant qu’une entreprise algérienne performante et capable de rayonner à l’extérieur, c’est toujours un gain pour une économie nationale qui cherche à se libérer de l’emprise des hydrocarbures. Pour preuve, aussi, le voyage organisé en avril 2016 au Sénégal par un groupe de chefs d’entreprise nationaux sous l’égide la Chambre de commerce et d’industrie, Caci. L’enjeu, aujourd’hui, est que ce désir d’Afrique qui peut demain s’étendre à d’autres horizons géographiques et géoéconomiques soit bien encadré et soutenu dans des délais raisonnables. Il y a quelques semaines, à l’occasion justement du Forum d’investissement organisé par le FCE, l’argentier du pays a laissé entendre qu’il y a la possibilité pour des banques publiques algériennes de créer des filiales et des représentations dans certains pays d’Afrique pour servir de levier d’investissement à nos opérateurs. Il serait intéressant aujourd’hui qu’on sache où on est-on avec ce projet et à quelle échéance il sera concrétisé. Le temps, dans cette affaire, n’est pas que d’argent mais d’or et les concurrents, qu’ils soient voisins ou d’ailleurs, ne manquent ni d’atouts ni de qualité.