A deux mois du début de la Coupe du monde 2022 prévue au Qatar (20 novembre – 18 décembre), des voix s’accentuent afin d’encourager le boycott de la manifestation sportive universelle majeure. Cette initiative, poudre de perlimpinpin, est prise au nom des droits de l’Homme et de l’écologie. Deux causes qui semblent aussi subjectives que sélectives. Cette tentative de mettre les bâtons dans les roues du Qatar ressemble à un jeu de pirouettes. Ce qui ne devrait pas empêcher les Qataris de réussir le défi d’offrir l’une des plus belles compétitions de tous les temps au monde.

Par Mohamed Touileb
Trois ans après avoir abrité le Mondial 2018, la Russie est devenue l’ennemie de toute l’Europe et de l’Occident en raison de son conflit avec l’Ukraine. Là au moins, les motifs peuvent être concrets. Pour sa part, à quelques semaines de lancer le premier Mondial organisé dans un pays asiatique, musulman et arabe, le Qatar est la cible de tentatives de déstabilisation qui proviennent de toutes parts. Notamment du Vieux Continent.

Pour l’EURO-2020, on a oublié le climat
En effet, les Occidentaux, qui auraient touché des pots-de-vin pour attribuer, en 2010, le statut d’hôte à l’Emirat, ne sont plus là. Viennent alors ceux qui n’ont pas eu leur part du gâteau pour mélanger le sport avec des idéologies et des causes qui ne surgissent que quand la cible est « vulnérable ». On parle alors d’impact sur le climat.
Paradoxalement, le dernier Championnat d’Europe (EURO-2020) qui s’est joué dans 10 pays européens avec la multiplication de vols et d’émissions de carbone à n’en plus compter, n’avait dérangé personne. Est-ce que le compteur de l’empreinte carbone était en panne ? On devrait se poser la question. Aussi, la climatisation des stades indigne les défenseurs de l’environnement.
Le fait que 7 des 8 enceintes construites -dont le RAS Abou Aboud complètement démentable et transportable- pour l’occasion soient climatisées représente « une absurdité écologique ».
L’impact environnemental est non négligeable aux yeux de certains pays où l’on fait, par exemple, croire qu’éteindre la Tour Eiffel pendant quelques heures suffirait pour inverser le processus de détérioration de la planète.

Conditions de travail : seul argument convaincant, mais…
En revanche, il y a un point où les détracteurs de cet évènement d’ampleur peuvent avoir raison, les conditions et les droits des travailleurs étrangers qui ont été « exploités » pour mettre sur pied les infrastructures dédiées à ce raout sportif de première catégorie. Il y a notamment cette « kafala » qui a longtemps suscité l’indignation.
En effet, on parle d’un système, aboli en 2016 officiellement, qui empêche les travailleurs et travailleuses de changer d’emploi ou même de quitter le pays sans autorisation, qui serait encore d’actualité. Par ailleurs, en Angleterre, on évoque le décès de 6 500 ouvriers depuis le début des travaux. Mais l’Etat du Qatar ne reconnaît que 37 décès liés à la construction des stades dont 34 « non liés à leur emploi ». Est-ce une amplification ou une dédramatisation ? Difficile de trancher. Néanmoins, l’exploitation des migrants n’est pas propre aux Qataris puisque l’Europe fait de même avec les Africains et les Maghrébins qui la rallient en les faisant travailler de manière informelle et sans aucun droit.
Clairement, la peine est perdue parce que tout le monde aurait plus à perdre qu’à gagner en gâchant l’édition à venir de la CDM. D’ailleurs, on parle plus de s’activer que de boycotter. On appelle cela ménager la chèvre et le chou… en donnant l’impression de vouloir sacrifier la chèvre.