Prix du hadj, liberté de l’imam, foncier d’investissement, Grande Mosquée… ont été autant de points abordés, hier, au Forum d’El Moudjahid par le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa.
Invité hier au forum d’El Moudjahid, le premier responsable du secteur des affaires religieuses, Mohamed Aïssa, a abordé plusieurs thématiques concernant son département.
L’une d’elle a concerné la redynamisation du secteur des wakfs qui, selon lui, «est un bien, à l’instar des autres biens qui relèvent des domaines publics, qu’il faut exploiter pour créer de la richesse et de l’emploi et participer au développement».
«Le département a lancé près d’une vingtaine de projets d’investissement dans le domaine des wakfs dont 13 à Bel Abbès et 6 à Alger, souhaitant que ce domaine puisse connaître une grande dynamique», a-t-il indiqué.
Sur l’évaluation des wakfs, Mohamed Aïssa a estimé qu’il est temps «d’amender la loi sur les wakfs pour faire face à des soucis d’actualité et corriger quelques insuffisances que connaît l’actuelle loi». Pour cela, le ministère a préparé un groupe de travail technique constitué de plusieurs secteurs pour élaborer l’avant-projet de loi. Cet amendement vise en premier lieu, selon le ministre, l’exploitation économique des biens et terrains des wakfs pour l’investissement, ce qui les rendra plus rentables pour le ministère et l’économie, en général.
Par ailleurs, le secteur des Affaires religieuses dispose au total de 11 000 biens classés «wakfs» à travers les 48 wilayas, dont 1 376 locaux commerciaux, 560 bains maures, 5 537 appartements, 655 terrains agricoles,
754 terrains vacants, 28 palmeraies, 118 vergers, 1 oasis, 37 bureaux,
22 parkings, 27 églises, 25 entrepôts et hangars, 8 écoles coraniques,
3 grandes salles, en plus de fontaines, camions, mausolées, agences et annexes de mosquées.
Le prix du hadj relève du Conseil interministériel
«Le prix officiel du hadj sera fixé, mercredi prochain, lors d’une rencontre interministérielle que présidera le Premier ministre Ahmed Ouyahia», a-t-il déclaré. «Néanmoins, une chose est sûre, il n’y aura qu’une toute petite augmentation par rapport à l’an dernier», a-t-il assuré. «Nous avons fixé un prix que nous soumettrons pour approbation au gouvernement. Ce prix sera aux alentours du Nissab Zakat. Il ne le dépassera pas trop», a-t-il révélé. C’est à dire, le hadj 2019 tournera autour des 552 500 DA, billet d’avion compris. Un prix que Mohamed Aïssa estime raisonnable pour les gens qui ont les moyens d’aller au pèlerinage. Il justifie ses dires par le fait que le «hadj n’est une obligation que pour les musulmans qui en ont les moyens et s’ils disposent de toutes les conditions nécessaires». «Les négociations ont été serrés mais nous avons réussi à maintenir les prix au même niveau que l’an dernier», a-t-il attesté. «Seul le transport en Arabie saoudite a été augmenté de 3% à cause de la crise économique qui secoue le pays, comme d’ailleurs tous les pays pétroliers», a-t-il ajouté.
«L’imam est libre dans le choix
de ses prêches»
D’autre part, le ministre a indiqué que son département oriente les imams dans la préparation de leurs prêches «selon les préceptes de la sunna qui interdit de diffamer ou de dénigrer les autres». Il a révélé que «l’Algérie est le seul pays qui accorde aux imams la liberté de choisir les thèmes des prêches du vendredi». Néanmoins, selon lui, «s’il y a des rapports sur une éventuelle diffamation, les comités scientifiques se réuniront pour rationaliser les discours, cela est certain». Par ailleurs, le ministre a attiré l’attention sur «les programmes scolaires d‘éducation islamique dispensés au lycée», qui sont responsables, selon lui «du bourrage de crâne des élèves d’idées d’expiation, d’exclusion et de discrimination», soulignant à ce propos que son département envisage «la révision de ces programmes», en coordination avec le ministère de l’Education nationale.
Concernant la Grande Mosquée, il indiquera que les travaux de réalisation touchent à leur fin et l’édifice religieux sera «bientôt» inauguré, soulignant que la date «sera fixée par le président de la République». Aïssa a tenu à préciser que l’imam de la mosquée sera algérien, ajoutant que des imams issus de différentes régions du pays se succéderont à la tribune.
D’autre part, Cheikh Ali Ahmed Mullah (célèbre muezzin de La Mecque) sera présent à cet événement. «Ce sera lui qui fera le premier appel à la prière de Djamaâ El Djazaïr», a-t-il ajouté. Enfin, un Conseil interministériel est prévu, en février, pour définir l’instance multisectorielle qui prendra en charge la gestion des structures culturelles et religieuses annexées à la mosquée, a-t-il informé.<