Deux supporters du FK Sarajevo, un des principaux clubs bosniens, ont été arrêtés après avoir contraint, sous menaces de mort, des journalistes d’une radio à supprimer un article sur son site, a annoncé samedi la police. Deux suspects âgés de 28 et de 29 ans ont été arrêtés et seront présentés au parquet dans la journée, a annoncé la police dans un communiqué. Après la publication sur le site de «radiosarajevo.ba» d’un article sur la condamnation récente en Biélorussie d’un supporter de Sarajevo pour possession de drogue, la rédaction a reçu vendredi soir un coup de fil, a raconté un des responsables de la rédaction, Faruk Vele, à la télévision privée N1. «Les hooligans qui se sont présentés comme des supporters du FK Sarajevo» ont appelé devant la rédaction de la radio où ils s’étaient rassemblés, une scène que Faruk Vele a décrite comme une «prise d’otage». Ils ont contraint l’auteur de l’article à le supprimer et l’ont également forcé à appeler plusieurs autres médias pour leur dire de supprimer la même information qui avait été relayée, selon la même source. «Le collègue avait très peur pour lui et pour sa famille et il a obéi», a déclaré M. Vele. L’article annonçait l’arrestation à la mi-août en Biélorussie et la condamnation à cinq ans de prison d’un supporter de FK Sarajevo, après le match retour du 3e tour préliminaire de la Ligue Europa que l’équipe bosnienne, éliminée, a disputé contre BATE Borisov. Des journalistes bosniens font souvent l’objet de menaces et d’agressions, et leurs associations déplorent régulièrement l’inefficacité de la justice sur ce plan. Plusieurs responsables politiques, la mission de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et l’ambassade des Etats-Unis ont dénoncé la dernière attaque. Le Premier ministre du canton de Sarajevo, Edin Forto, qui a visité dans la nuit la rédaction de la radio, a promis une «tolérance zéro» de son gouvernement pour la violence contre des journalistes. L’association des journalistes, «BH Novinari», a estimé pour sa part que le «silence du club de Sarajevo et de la Fédération bosnienne de football» était «inacceptable».