Enseignant chercheur en retraite, Faculté des Sciences économiques, Université Ferhat Abbas Sétif, ancien député du Front des Forces Socialistes, Béjaia.

Par Arezki DERGUINI
Le modèle social algérien n’est plus équitable.
« Le modèle social algérien est unique au monde. Il est le résultat de son histoire mouvementée et de son modèle politique tourmenté. Outre la fourniture gratuite du service public d’éducation, de formation et de santé, les Algériens reçoivent des prestations sociales diverses en provenance du budget, notamment pour le soutien des prix des produits alimentaires et pour l’accès au logement, mais aussi et, surtout, des subventions implicites à travers les prix des biens et services, notamment les produits énergétiques et l’eau, dont le coût est énorme pour la collectivité et les générations futures. De plus, le Trésor prend en charge des dépenses qui devraient être financées par les caisses de Sécurité sociale. Cette distribution des subventions par le soutien et l’administration des prix est tout sauf équitable … »[1]. La société s’est différenciée, le modèle social profite de plus en plus aux gros consommateurs qui peuvent gaspiller sans gêne et aux milieux aisés qui peuvent valoriser l’investissement public.

Sauver l’État
Une question qui se pose alors est de savoir si la privatisation des services publics signifie la liquidation du secteur public ou l’amélioration de l’économie, de la qualité et de la gestion du service rendu ? Notre thèse est relativement simple : la « privatisation liquidation » sauve l’État en l’amputant de certaines parties qu’il n’est pas obligé d’entretenir, la « privatisation-amélioration » qui développe l’économie de marché n’intervient pas à la suite de la défaillance du service public, mais après sa maturation. L’entreprise peut alors voler de ses propres ailes. Il est évident que, dans une économie émergente, une entreprise privée ne peut pas se mettre à la hauteur de la compétition internationale sans le soutien de l’État. Une entreprise privée performante ne peut naître que lorsqu’elle n’a plus besoin de l’échafaudage public qui a été mis en œuvre pour la mettre sur pied. Une bureaucratie performante seule peut apporter l’échafaudage nécessaire à l’émergence d’une économie de marché performante. Par conséquent, une économie de marché performante ne peut être issue que de services publics performants qui sont privatisés après que les entreprises aient réussi à internaliser leurs coûts. Mais parce que la compétition internationale aura toujours besoin de l’État, des services publics performants seront toujours à l’origine/au soutien d’entreprises privées performantes. Il faut non pas privatiser le public pour le liquider, mais pour le libérer de tâches que le privé peut assumer afin qu’il reste capable de frayer la voie au secteur privé. Ce qu’un individu ou un groupe peut accomplir, l’État peut s’en décharger pour préparer les nouvelles tâches dont ils devront, mais ne peuvent pas encore prendre en charge. La privatisation signifie l’internalisation des coûts par l’entreprise, l’internalisation des coûts par l’entreprise signifie son autonomie. Le développement de l’économie dite de marché et sa diversification suite à la différenciation de la vie matérielle, consiste en la multiplication des entreprises autonomes. Le « moins d’État » ne doit pas minorer le rôle stratégique de l’État dont celui de création d’entreprises performantes, il caractérise son agilité. Nous ne sommes pas dans le contexte d’une bureaucratie performante soutenant la formation d’une économie compétitive. La privatisation est liquidation en vue de sauver l’État plutôt que de développer l’économie, la défaillance de l’État n’autorisant pas le développement économique. Il faut donc sauver l’État pour pouvoir envisager la défense du pouvoir d’achat de la population. Mais sauver quel État ? L’État failli, car incompétent ? En réalité, il faut aussi sauver l’économie pour sauver l’État. Il faut sauver l’État et le pouvoir d’achat, de sorte que chacun puisse être un appui à l’autre. Car le salut de l’un ne peut aller sans le salut de l’autre. Car pourquoi l’État est-il défaillant et d’où pourrait-il tenir son entretien ? Pour sauver l’État, il faudra sûrement faire plus de place à la contrainte marchande, mais une place plus précise de sorte que les entreprises puissent internaliser les coûts et valoriser leurs ressources, pour rendre plus qu’elles n’ont reçu. Tous les ménages et les entreprises ne piochent plus dans les ressources publiques désormais avec les mêmes moyens et la « marmite » se vide plus vite qu’elle ne se remplit. Certains disposent de « cuillères », d’autres de pelles ordinaires et d’autres de « pelles mécaniques ». Les pelles mécaniques vident la marmite avant que les cuillères n’aient cessé de se sustenter. Les pelles mécaniques ne doivent plus « manger » avec les cuillères si l’on veut que ces dernières disposent suffisamment de quoi subsister. Les hydrocarbures, travail accumulé par la nature, n’arrivent plus à alimenter la marmite qui demande désormais plus qu’ils ne peuvent lui fournir. La nature n’accumule pas au rythme du travail d’extraction des pelles mécaniques qui se sont multipliées, le produit du travail de la nature est dissipé par les pelles mécaniques plus vite qu’il n’est produit, le stock du travail accumulé par la nature ne se renouvèle pas. Dans notre cas, la politique qui viserait à substituer les subventions aux produits par les subventions au revenu opèrerait par la séparation de la « marmite » des cuillères de celle des pelles mécaniques, afin que la première puisse continuer d’être alimentée par le travail gratuit de la nature. Les pelles mécaniques ne puisant plus à la marmite alimentée par le travail gratuit de la nature que de manière limitée, pour subsister ou se multiplier, devront donner de leur travail pour recevoir du travail d’autrui. Elles devront être soumises à la règle du marché qui n’est autre que celle du donnant-donnant. Pour pouvoir internaliser leurs coûts, les pelles mécaniques devront faire produire aux ressources qu’elles utilisent plus qu’elles n’en consomment. Les pelles manuelles et les cuillères ne pouvant leur donner autant qu’elles en reçoivent, il faudra aux pelles mécaniques aller à la rencontre des étrangers qui ne donnent rien pour rien parce qu’ils ne leur doivent rien, pour recevoir d’eux plus qu’elles ne leur donnent.

L’échange comme jeu à somme non nulle
L’échange comme échange d’équivalents (K. Marx) est d’un certain point de vue une grosse fumisterie. Pourquoi y aurait-il échange, si l’échange était pour les coéchangistes un échange d’équivalent, si chacun n’y trouvait pas avantage ? Il y a échange, parce que l’avantage qu’y trouve l’un n’est pas celui qu’y trouve l’autre. L’échange volontaire, non contraint, est gagnant-gagnant. Sauf à se placer du seul point de vue statique et non dynamique, du marchand qui ne tiendrait pas compte du point de vue des producteurs, du différentiel qui est l’origine de la circulation. Sauf à vouloir séparer la valeur d’un produit du champ de sa valorisation et à donner une valeur intrinsèque aux produits. À la suite d’Aristote, de Smith et de Ricardo, Marx dissocie les deux aspects de la valeur, valeur d’échange et valeur d’usage dans son appréciation de la valeur, comme il sépare production et échange, rompant alors l’unité/identité de la production et de la consommation (consommation productive) qui passe par l’échange. Les producteurs comparent valeur d’usage et valeur d’échange, la première devant être supérieure à la seconde, comme Marx le fait avec la marchandise force de travail.
Trouver avantage dans l’échange, recevoir plus que donner ne signifie donc pas voler, mais trouver avantage à valeur d’échange égale de valorisations différentes par des champs différents. Ce que rapporte un produit ici est plus grand que ce qu’il coûte là. Raison pour laquelle ce produit trouve un producteur vendeur ici et un autre acheteur là. Les choses ne prennent pas les mêmes valeurs dans deux champs différents. Les choses n’ont pas de valeur intrinsèque, mais les valeurs que leur donnent leur emploi dans des contextes particuliers. Il y a des valeurs et des champs de valeurs, les unes ne pouvant être saisies sans les autres. Différences de valeur et de champ de valeurs qui rendent possible la circulation du produit. Dans une économie du travail, on a tendance à ignorer le travail gratuit de la nature, mis à part le cas de la rente différentielle. Le prix du pétrole est déterminé non par le temps de travail nécessaire à sa production par la nature, mais par le temps de travail humain nécessaire à son obtention et par le temps de travail humain qu’économise son utilisation. Son utilisation rapporte plus que ne coûte son obtention, ce qui en fait une énergie compétitive pour de nombreux champs de valeurs. C’est la différence entre le « travail » dépensé pour obtenir une chose, et le travail qu’il nous permet de commander pour parler comme Adam Smith ou valeur d’usage, qui fait la différence de valeur, la plus-value, le profit. Le principe appliqué par K. Marx à la force de travail, à la création de valeur, est valable pour toute autre marchandise, quand sa production donne plus de valeur qu’elle n’en demande. Ce qui est particulièrement vrai pour l’énergie : l’énergie fossile a rendu possible la substitution du capital au travail, que l’on a même cru infinie. C’est l’exploitation de la nature qui va causer la plus profonde crise sociale et économique au travers de la crise écologique. Elle met en cause tous les êtres vivants, toute la vie, et non la seule vie des êtres humains, mâles et blancs en particulier. Rappelons que l’exploitation de l’homme par l’homme rangeait des parties de l’humanité (les femmes et les esclaves traités comme des objets) dans la nature qu’il était alors loisible d’exploiter. Comme continue d’être confondue l’émancipation avec la sortie de la nature.
Dans une société comme la nôtre, où la force de travail consomme plus qu’elle ne produit, où il y a destruction du capital social et naturel, il ne peut y avoir accumulation de travail. Dans une société où la valeur travail a de la force, le travail donne plus qu’il ne prend, comme le fut la société protestante telle que présentée par Max Weber dans son éthique du capitalisme ou comme observé dans celles d’Extrême-Orient, la valeur d’usage de la force de travail a là plus de valeur d’usage que sa valeur d’échange. Ce que la substitution massive du capital au travail grâce à l’énergie fossile perturbe grandement. Pour sortir de la crise, ce n’est plus au travail humain qu’il faudra livrer un culte, mais à celui du travail en général, de celui des êtres vivants comme de celui des êtres mécaniques. Nous sommes ingrats à l’égard de la nature, des objets, de ce que nous donne l’énergie fossile dont nous sommes si dépendants, nous nous en rendrons compte bientôt. Les pelles mécaniques étant particulièrement gourmandes en produits importés, ayant l’habitude d’obtenir des banques publiques et des hydrocarbures, et non de leur travail, les devises nécessaires à leurs achats, il n’est pas sûr qu’elles puissent d’elles-mêmes renoncer à la marmite alimentée par les devises fournies par le « travail gratuit » de la nature. De plus, les plus vertueuses d’entre elles peuvent même arguer que réserver la marmite alimentée par le travail de la nature aux cuillères n’est pas la meilleure politique. Pure dissipation ! peuvent-elles argumenter. À la différence des cuillères, elles peuvent rendre à la marmite commune plus que les cuillères, elles peuvent convertir le capital naturel en capital économique au lieu de le dissiper. Elles feront appel à la science économique pour leur faire dire qu’elles sont les mieux placées pour faire un meilleur usage des ressources rares, ajoutant qu’il ne faut pas consacrer nos ressources rares à la consommation, mais à l’investissement. Et voilà la politique de subvention des revenus, en substitution à la politique inéquitable de subvention des produits, devenue anti-économique ! Pourquoi diable le FMI ici vient-il en contrepoint de la science économique ? Parce qu’il s’agit de sauver l’État d’abord et de laisser au diable ensuite l’économie ! À chacun ses responsabilités ! Or la séparation du sauvetage de l’État de celui de l’économie, ne sauvera ni l’un, ni l’autre.

Compétition équitable et séparation des marchés
Si un travail gratuit n’entretient plus la marmite des cuillères, si les pelles mécaniques ne créent pas ou ne laissent pas de travail aux cuillères, celles-ci ne pouvant plus recevoir sans donner et ne pouvant donner, ne peuvent plus subsister. Sans pétrole, la place des cuillères dépend ainsi de celle que leur laissent les pelles mécaniques et les rares espaces où ces dernières ne peuvent pas aller. L’État peut limiter l’usage donc le nombre des pelles mécaniques pour que les cuillères aient plus d’activité. Mais alors, si les pelles mécaniques abandonnent aux cuillères un travail qu’elles peuvent faire, ce serait renoncer au progrès technique, à la consommation de davantage de produits importés. Car du travail d’autrui, les cuillères ne peuvent plus obtenir que du travail de leur semblable qui n’a plus de place dans les échanges mondiaux. Sauf à encourager diverses formes de tourisme fortes consommatrices de services à la personne. Mais là encore ce serait renoncer au progrès technique. Ce serait, comme dans le passé, administrer la compétition sociale de sorte à la protéger en la soustrayant à la compétition internationale. Mais aujourd’hui, ce serait empêcher des entreprises de se mettre à la hauteur de la compétition internationale, les empêcher d’échanger, de s’incorporer le progrès technique extérieur. S’il faut donc séparer les deux marmites de sorte que la compétition sociale puisse être protégée d’une compétition internationale déloyale et non pas de la compétition internationale tout court, il faut aussi séparer les marchés, le marché protégé, livré à la concurrence interne, et le marché exposé, ouvert à la compétition internationale.
Si l’on a séparé les deux marmites, les pelles mécaniques doivent pouvoir donner de leur travail pour recevoir du travail non gratuit d’autrui, elles doivent pouvoir tirer avantage de la règle donnant-donnant. D’un autre côté, les cuillères qui ne pourront pas vivre indéfiniment du travail gratuit de la nature – la nature devenant plus avare et les pelles mécaniques moins complaisantes, vont devoir apprendre à se transformer, à donner plus qu’elles ne le font. Pour cela elles vont devoir moins consommer du travail gratuit de la nature pour l’investir dans la formation. Car si la marmite des pelles mécaniques se garnit davantage alors que celle des cuillères se dégarnit, on ne pourra pas maintenir la séparation des deux marmites et mieux les alimenter. Les cuillères chercheront les marmites non vides ici et ailleurs. Ayant encore en mémoire la marmite commune, elles se rappelleront la raison de son abandon. Elles refuseront alors le nouveau résultat : on ne pourra pas sauver la marmite des pelles mécaniques sans celle des cuillères. Les pelles mécaniques ne doivent plus disputer les ressources aux cuillères, mais aux pelles mécaniques du monde, et les cuillères doivent plus investir dans la formation que dans la consommation, de sorte que les unes et les autres puissent mieux alimenter leur marmite respective. Les marchés doivent donc être séparés de sorte à établir des compétitions équitables, à permettre aux producteurs de progresser de manière parallèle en attendant de converger ou de préserver leur autonomie.
Séparer donc les deux marmites est une bonne politique, si cela peut permettre aux deux marmites d’accroitre leurs ressources et la qualité de leur production. Car en les séparant on peut obtenir trois résultats différents : une marmite se garnit et une autre se dégarnit, les deux marmites se garnissent, les deux marmites se dégarnissent. Seul le deuxième cas est tolérable et permet de préserver l’autonomie et la suffisance des deux marmites.

Retrouver le sens de l’honneur
Donner aux cuillères qui ne peuvent pas rendre n’est donc pas la solution économique dans le contexte de besoins croissants et de ressources se raréfiant. On ne sortirait pas de la pente de la régression, le nombre des pauvres augmentant, celui des riches diminuant. Si on demande aux « gens pourvus » de rendre plus qu’ils ont reçu du monde et de la société, car ainsi était et devrait être défini le riche à la différence du pauvre ou du voleur, il faudrait qu’ils soient en mesure de le faire et que l’on soit en mesure de le savoir. Ensuite si le « riche » doit être pris comme exemple, les gens démunis ne peuvent pas être satisfaits de leur état qui reçoit plus qu’il ne donne. Ils ne pourraient être sur « un pied d’égalité ». Les dépourvus peuvent recevoir plus qu’ils ne donnent, mais pas pour l’éternité. Ils doivent pouvoir transformer leur condition, c’est à cette condition que le riche pourra continuer de donner, ne donnera pas plus qu’il ne reçoit en pure perte. C’est ce que doit la société aux gens dépourvus, à moins qu’elle n’accepte leur prise en charge complète et définitive comme pour le cas des personnes handicapées. Elle doit leur rendre en tant qu’êtres vivants la capacité de donner plus qu’ils ne reçoivent. Ainsi la compétition sociale profitable apparaîtra équitable. Elle consistera à déterminer qui contribue le mieux à la société, celui ayant réussi contribuant le plus, celui ayant échoué le moins, mais tous les deux s’efforçant de même ayant eu la possibilité de donner plus qu’il n’a reçu. Si celui qui réussit observe qu’il est le seul à s’efforcer de donner plus qu’il ne reçoit, s’il ressent que ceux qui échouent le tirent en arrière au lieu de l’accompagner dans sa progression, pourquoi se sentirait-il obligé de faire compagnie avec ceux qui échouent ? Pourquoi les premiers de cordée accepteraient-ils de tenir la corde et de ne pas la lâcher si les derniers tirent en arrière plutôt qu’ils ne poussent en avant ?
Supposons que cuillères et pelles mécaniques persistent toutes à prendre plus qu’elles ne donnent, se disputant plus le contenu des marmites que ne se préoccupant de quoi il dépend, que nombre de cuillères ne trouvent plus de quoi se sustenter et que les atteintes contre la propriété ne se multiplient. Les marmites subsistantes se retrouveront vite assiégées. Les riches employant les pauvres devront consacrer davantage à la préservation de leur marmite. Ils diviseront les pauvres, employant les uns pour se défendre des autres. La suite est facile à deviner, guerre civile ou société de classes.
Nous avons pris à la nature plus que nous lui avons donné et elle n’a pas renouvelé son stock. Mais n’ayant pas refusé de nous donner, nous n’avions pas le sentiment d’être inconséquents. Mais maintenant qu’elle nous donne moins de ce que nous voulons et plus de ce que nous ne voulons pas, dans quelles « poches » irons-nous chercher ce qu’elle nous refuse désormais et que nous avions l’habitude de prendre dans ses stocks ? Ou alors, apprendra-t-on à mieux vivre parmi les êtres dont nous dépendons.
Ce n’est donc pas l’application de la simple règle du donnant-donnant caractéristique du marché qui va nous tirer d’affaire, mais la promotion d’une nouvelle disposition sociale, celle de donner plus que l’on reçoit. Disposition sociale nouvelle et non pas simple règle appliquée aux « riches ». Nouvel état d’esprit social qui dispose l’individu à donner plus qu’il ne reçoit et la société à donner la possibilité à chacun de donner plus qu’il ne reçoit. Le Japon a réussi sa transition parce qu’il préparait ses individus dès l’enfance à donner plus qu’il n’avait reçu en même temps qu’il investissait dans leur éducation. Les enfants imitaient les adultes et étaient pressés d’inverser la règle établie entre eux et leurs parents. Nos enfants ont appris à recevoir sans donner, ils ont désappris à donner. Ils ne se sont pas pressés, comme l’étaient nos parents il y a peu de temps, de devenir des adultes. Si nous ne comprenons pas que notre sort dépend de la transformation de nos dispositions fondamentales, de l’application par chacun d’entre nous de la règle donner à la société plus qu’il n’en reçoit, plutôt que la règle du donnant-donnant que l’on applique avec des gens qui ne nous doivent rien, il nous sera impossible de venir à bout de nos problèmes.
Les deux « marmites » doivent donc être séparées dans le but de retrouver le sens de l’honneur. Elles doivent être séparées afin de former deux marchés pour que la nouvelle disposition sociale « donner plus que recevoir » l’emporte sur l’ancienne « prendre plus que donner », au travers de compétitions équitables afin qu’elles puissent croître séparément jusqu’à ce que chacun puisse être digne, autrement dit recevoir ce qui lui permet de donner plus qu’il ne reçoit, mais non pas pour soustraire la société à la compétition et régresser.

Richesse privée et richesse publique
Un rapport récent, publié mardi 7 décembre, par le Laboratoire sur les inégalités mondiales (World Inequality Lab)[2], fait ressortir les évidences suivantes. Tout d’abord, la réduction des inégalités passe d’abord par des services publics performants avant de passer par des politiques de redistribution. Il ne suffit pas disposer de droits pour pouvoir en jouir effectivement, il faut des capacités (Amartya Sen). Pour améliorer leur état, pour que les « cuillères » puissent donner plus qu’elles ne reçoivent, elles doivent bénéficier de systèmes d’éducation et de santé performants. Il ne suffit pas de leur octroyer un revenu. Ensuite pour disposer de services publics de qualité, il faut en général un impôt progressif sur les plus hauts patrimoines et un impôt important effectif sur les revenus des très riches. En d’autres termes, les individus doivent moins penser amasser que contribuer, moins consommer qu’investir. À commencer par les riches. Pour ce faire la société doit davantage distinguer ses membres par leur contribution que par leur pouvoir d’acheter (leur pouvoir de commander à des personnes séparées (A. Smith))[3]. Ce sont les séparations entre propriétaires et non propriétaires, producteurs et consommateurs, capitalistes et non capitalistes, qui doivent être relatives. On oublie trop souvent que la richesse des nations d’Adam Smith commence par la division du travail, le service d’autrui, quand les individus et les collectifs se disputent le meilleur service d’autrui, la meilleure contribution, en érigeant la richesse matérielle comme signe de la réussite sociale, mais non pas en critère ultime. On ne s’enrichit vraiment que si l’on enrichit autrui, voilà comment se résout la contradiction entre la théorie des sentiments moraux et celle de la richesse des nations. La vraie richesse privée suppose la richesse collective, autrement dit d’abord des services publics et collectifs performants.
Le marché intérieur et la cohérence du comportement social
Notre thèse sera la suivante : après avoir séparé les deux marchés, celui protégé de la compétition internationale et celui qui lui est exposé, pour mettre en cohérence le comportement du citoyen en tant que consommateur et épargnant, investisseur et producteur, il faut régionaliser l’administration du marché protégé pour donner corps à la nouvelle disposition sociale. C’est dans ce cadre que l’émergence de la règle pourra avoir lieu et être respectée, le contrôle social pouvant être effectif ; que les « passagers clandestins » ne pourront être ni nombreux, ni suffisamment nombreux pour être les maîtres de la règle du jeu. L’effort de chacun sera perceptible, les actes illégaux rapidement mis à jour. Le tout à moindre coût.
La loi ne sera pas nécessaire pour protéger ce marché, nul besoin de barrières tarifaires, le comportement cohérent du citoyen sera suffisant, les préférences collectives y pourvoiront. En effet le politique reconnaît aux préférences une autonomie, même s’il ne veut les prendre que comme préférences individuelles. Il n’a pas besoin de les prendre sous leur forme collective, il laisse cela aux entreprises et aux consommateurs. L’État même s’il reste le seul redistributeur central, s’appuie sur le marché et ses préférences pour fixer la frontière entre consommation privée et consommation collective. Aussi se transforme-t-il en centre des centres de redistribution locaux. À côté de l’impôt national émerge un impôt local qui rend possible une redistribution plus proche de la solidarité locale. L’État, sans une telle différenciation des marchés et de leurs préférences collectives, différenciation de ce que l’on pourrait appeler les champs de valeur, ne pourra pas faire face à la croissance des inégalités au sein des régions et entre elles. Il aura tendance à favoriser les régions les plus dynamiques pour accroître ses ressources et entretenir son rôle redistributeur. Car le marché soumis aux préférences individuelles n’a pas de cesse d’accroître la consommation privée aux dépens de la consommation collective, même aux dépens de son développement.
Si l’État faillit dans sa fonction de reproduction en ne s’appuyant pas sur des centres locaux de redistribution, autrement dit s’il ne reconfigure pas les dispositifs de redistribution de sorte à obtenir le consentement des populations, les régions seront livrées à un certain désordre. Il leur faudra un ennemi extérieur, qui ne sera pas celui de la nation, pour faire leur cohésion.
L’État après avoir séparé les deux marchés, pourra établir une certaine cohérence entre la région et son marché rendant possible un comportement social cohérent, la formulation de préférences collectives et un certain dynamisme. De telles cohérences pourront alors internaliser des externalités positives produites par le marché participant à la compétition internationale. Car c’est ainsi qu’il faudra considérer les rapports entre les deux marchés, au travers des effets indirects, notamment de la circulation du capital humain. Comme cela a été le cas entre le secteur public et le secteur privé au départ de l’industrialisation, le premier ayant été le lieu, de fait, de la « formation initiale » du dernier. L’État ne pourra faire face à la croissance des inégalités que si les régions renforcent leur cohérence en se donnant chacune un centre local de redistribution grâce à une certaine maîtrise de leurs offres et demandes, en cohérence aux autres centres nationaux de redistribution.

Les régions doivent se protéger, d’une part, de la croissance des inégalités en leur sein, d’un autre côté de la croissance des inégalités entre elles. Tel doit être le contenu du contrat social. La redistribution doit revenir à la hauteur du « marché », de ses préférences collectives, de ses propensions sociales à consommer et à investir. C’est aux régions de fixer la frontière entre consommation et investissement, entre consommation privée et consommation publique, de fixer leurs préférences collectives et la définition de leurs politiques. Ce qui ne signifie pas qu’elles doivent fixer leurs politiques indépendamment de celles des autres régions et des autres nations, bien au contraire. Ce sont elles qui doivent fixer leur politique parce que ce sont elles qui doivent l’exécuter. Mais elles devront pour réussir les fixer avec les autres régions, qu’elles fixeront en rapport avec d’autres nations, en même temps qu’elles et en accord (ou désaccord) avec elles. Les centres régionaux définissent leur politique relativement à celle des autres centres nationaux, les centres nationaux relativement aux centres internationaux, la politique de chaque centre ne peut avoir de sens en elle-même. Il faut penser global, agir local, ou comme disent les Chinois, ne pas oublier the big picture, si nous ne voulons pas être agi. Il faut obtenir un certain alignement de certains centres aux différentes échelles.
Nous avons appris à nous disputer des ressources que nous n’avons pas produites, il nous faut apprendre à coopérer pour produire des ressources et les partager. Nous avons comme quitté une ère préindustrielle caractérisée par une nature généreuse, pour une ère que l’on appellera post-industrielle par commodité, où la nature ne se révèle pas seulement parcimonieuse, mais âcre. Il nous faudra désormais lui donner davantage que l’on en reçoit afin qu’elle accepte de nous supporter. Si nous sommes incapables de quitter le confort de nos anciennes habitudes, on ne peut s’attendre qu’à ce qu’elles nous accompagnent dans la régression, qu’à ce que la dynamique économique et sociale porte un accroissement des disparités et des fractures territoriales. Il nous faut apprendre à coopérer, individus et régions, pour ne pas succomber à de graves disputes qui monteraient de la dégradation de nos conditions.
Il faut cesser de vivre dans le culte de l’État jacobin comme centre unique de la solidarité. Il est vaincu par la globalisation économique et les décompositions sociales. Le centre national est un centre d’intégration, de gravité parmi d’autres. C’est la stabilité du réseau de centres d’intégration auquel il appartient qui le protège. Il doit prendre place parmi d’autres et il doit être efficient. Il a pris place parmi d’autres centres nationaux, mais faute de n’avoir pu se démultiplier, de se transformer en centre de centres d’intégration, il n’a pu se consolider qu’avec l’appui des hydrocarbures. Il a été incapable de faire construire à la société les coopétitions (coo(pérations) et (com)pétitions), nécessaires à la modernisation industrielle. La solidarité était d’abord locale, limitée avant de s’élargir pour les besoins de la lutte anticoloniale qui lui ont donné un ennemi commun particulier. Avec le « développement », la solidarité de l’État jacobin n’a pas renforcé les besoins sociaux de compétition et de solidarité, elle a détruit les solidarités primaires, et résultat, elle s’est délitée. Voilà le constat qu’il faut faire, voilà la réalité sur laquelle il ne faut plus rester aveugle : la destruction des solidarités primaires comme la théorie de la trop courte expérience des autres l’enseignait, n’a pas créé une solidarité nationale pérenne. Il faut cesser de s’aveugler sur notre condition avec des théories qui bien que prouvant leur inefficacité continuent de s’imposer par la force de nos habitudes. L’autonomie hors sol n’est pas émancipation. Il y a continuité entre les différentes compétitions et les différentes solidarités. Le marché intérieur constitue la trame de différents marchés locaux qui s’ajustent selon leur convenance et non celle d’un marché extérieur. Ajustement endogène des préférences collectives.
L’emploi féminin, la croissance et le pouvoir
Dans son livre l’Algérie, les années 2030 de notre jeunesse (2018), le Pr Benachenhou commence par relever le rebond actuel de la croissance démographique. Les économistes, au contraire des historiens et démographes, ont tendance à oublier que la démographie est le premier soubassement de l’économie[4] et que dans la question démographique, les femmes ont plus à dire que les hommes. Les hommes s’illusionnent sur leur pouvoir, les femmes sur celui des hommes. L’auteur relève que ce sont « les wilayas d’Alger, de Sétif et d’Oran, qui malgré ou à cause du dynamisme économique, massivement irriguées de subventions et de logements financés par l’État, enregistrent les taux de croissance naturels de la population les plus élevés et contredisent la règle liant prospérité et recul démographique. Le chômage des femmes progresse et la baisse de leur participation à la population active les pousse vers le mariage, faute de mieux. »[5]
Il annonce une tension croissante entre les besoins et les ressources dans les années 20 et davantage dans les années trente. « Dès le début des années 2020, pour l’éducation et la santé, et au début des années 2030, pour l’emploi et le logement, la croissance démographique des dernières années va multiplier les besoins sociaux et mettre le service public sous pression alors même que sa qualité laisse déjà à désirer, notamment à l’intérieur du pays. »[6]
Il conclut que pour soutenir la transition démographique, « l’urgence est de sauvegarder l’éducation de base, la santé et le travail des femmes.»[7] « Mais au-delà du renforcement du service public en zones rurales et péri-urbaines, c’est la politique de développement des territoires … qui va déterminer l’avenir démographique du pays. Seul l’emploi des femmes à l’intérieur du pays permettra de contrecarrer l’évolution récente de leur statut et la dégradation de leur insertion professionnelle »[8].
L’emploi des femmes à l’intérieur du pays … Tout le monde ou presque n’ose pas y penser. Maître Benachenhou fait-il plus que signaler un problème ? Il avait un jour animé une conférence prévue sur le développement territorial, mais je suppose qu’ayant pressenti qu’il n’aurait pas le public attendu, il a abandonné le sujet qu’il avait annoncé pour se contenter de reprendre le sujet de son dernier livre. Le public ne l’ayant comme pas remarqué, il dut se sentir justifié. Prendre le problème du « développement » du point de vue de l’emploi féminin et de l’intérieur du pays est probablement la façon la plus difficile, mais la plus radicale. Le travail féminin est donc au cœur de la croissance démographique et donc de la croissance économique. Il aurait un effet opposé selon qu’il est principalement domestique ou salarié. Il est difficile de supposer aujourd’hui avec la polarisation du marché mondial du travail des conséquences positives en matière d’inclusivité sociale, de quantité et de qualité de l’emploi salarié en général et de l’emploi féminin en particulier. Il faudrait que les femmes puissent se mettre ensemble pour améliorer leur travail, pour peser sur les offres et demandes sociales afin de sortir leur travail de la domesticité. Plutôt que la sortie de la domesticité par le travail salarié, alors que la polarisation du marché du travail réintroduit précisément de la domesticité par le travail salarié (« services à la personne » vers lesquels courent les migrants), il faut envisager une sortie par le travail collectif, le contrôle des offres et des demandes. Ne pouvant pas mettre un professeur derrière chaque élève ni un médecin derrière chaque malade éventuel, il faut socialiser le travail féminin pour élever son niveau. Il faut plus de personnes pour entretenir un seul enfant, mais pour plusieurs enfants à la fois. C’est en s’occupant mieux de leurs enfants ou en étant davantage occupées par le travail non domestique qu’il est possible de réduire les tensions sur les ressources disponibles. Il faut considérer qu’il y a une continuité entre le travail domestique et le travail socialisé, comme ce fut le cas entre le travail artisanal et le travail industriel. Il faut accompagner la transformation du travail domestique en travail collectif, plutôt que sa marchandisation, un peu comme le suggère les nations scandinaves qui ne souffrent pas d’un vieillissement de leurs populations.
L’ancien ministre des Finances ne va pas plus loin dans son raisonnement, aussi ne prend-il pas en compte l’avenir probable de la croissance économique. Pour les économistes réduire la croissance démographique, accroître l’emploi dont celui féminin, exige un taux de croissance économique relativement élevé (supérieur à 6 %). « Pour préparer les années 2030 de la jeunesse algérienne, il faut investir plus et consommer moins. Sans toucher au pouvoir d’achat des Algériens les plus démunis, on peut déplacer 15 à 20% du PIB de la consommation vers l’investissement dans l’économie productive et les ressources humaines. »[9] Plus facile à dire qu’à faire. Cependant tel devrait être le cap : consommer moins et investir plus en comptant sur des ressources territoriales inutilisées. « Dans le passé, en raison de la centralité de la ressource, massivement captée par les territoires les plus avancés, trop de ressources locales, naturelles, humaines et financières ont été négligées ou totalement ignorées ; trop d’actifs réels, terres, bâtiments et équipements, propriété des entreprises ou des ménages ou actifs du domaine privé de l’État, sont restés oisifs alors que leur apport peut être décisif pour le développement des territoires sans un apport massif de ressources budgétaires. »[10]
Je soutiendrai que ce n’est pas un fort taux de croissance qui permettra aux femmes de sortir de l’emploi domestique, bien au contraire. En tous les cas pas tout de suite. Je pense qu’un tel taux ne pourra que les encourager sans les satisfaire, accroissant donc les tensions au lieu de les réduire. Nous interprétons le constat du professeur Benachenhou de la manière suivante : les villes les plus dynamiques sont celles qui permettent le mieux aux jeunes de se marier, le manque d’emploi extérieur les garde dans l’activité domestique et les tourne vers la « fabrication » des enfants. Je ne crois pas que le marché et l’État pourront employer les femmes pour lequel le système éducatif les prépare. C’est d’abord une redistribution du pouvoir dont ont besoin les femmes et pas d’une simple croissance du travail salarié. Elles veulent sortir du travail domestique pour transformer les rapports de pouvoir au sein de la famille et de la société. Le salariat leur offre une solution individuelle et pousse à l’alignement de leur travail sur celui des hommes ne partageant pas le travail domestique. L’emploi féminin à l’intérieur du pays pose fondamentalement le problème des rapports de pouvoir entre hommes et femmes. On comprend qu’un économiste ne peut que soulever le problème.
Je ne crois pas que «plus de marché» soumis aux préférences individuelles transformera les rapports de pouvoir entre les sexes et les régions. Il faut d’abord plus de collectifs féminins, de consommation collective et de production collective qui accordent plus de place à la contribution/rétribution collective des femmes et les libèrent de l’activité domestique routinière. L’activité collective doit avoir plus de place dans l’activité féminine sans que celle-ci ne s’apparente seulement à l’activité masculine. Il faut améliorer la qualité du travail des femmes en général. Séparer le travail d’éducation et de soin du travail féminin, le travail féminin du travail tout court, ne peut pas être effectué de manière arbitraire. Le pouvoir féminin est amputé dès lors qu’il est séparé du travail d’engendrement.
Les régions devraient avoir des assemblées d’hommes et de femmes relativement séparées, séparées donc, mais non déconnectées. La mixité politique évacue l’opposition sexuelle et donc la maltraite au lieu de bien la traiter. Elle pousse les femmes à ressembler aux hommes. La politique des quotas n’est pas non plus suffisante, elle refuse encore aux femmes de faire collectif pour parler des frontières entre collectifs et peser sur les rapports sociaux. On veut refuser aux femmes, ainsi qu’aux regroupements dits ethniques, ce que l’on a admis pour les classes sociales. En fait, on refuse de donner à la société dominante les contrepoids nécessaires à l’équilibre social, dans des contextes de non-industrialisation, de non-existence des classes sociales se faisant contrepoids.
Pourquoi donc substituer des subventions aux revenus à la place des subventions aux produits ? Pour laisser plus de place au marché, à la règle du donnant-donnant, maintenant que la société s’est différenciée en deux sociétés, que les ressources ne couvrent plus les dépenses, l’une s’étant suffisamment enrichie pour pouvoir rendre ce qu’elle a reçu, l’autre pas encore. Reste à savoir comment va se poursuivre la différenciation sociale, comment vont évoluer ces deux parties de la société. Nous avons soutenu dans ce texte qu’afin que la différenciation ne signifie pas fractures territoriales et inégalités sociales, nous avons besoin d’une transformation radicale de nos dispositions sociales. Il nous faut apprendre à prendre moins et donner plus que dans le passé, à investir plus que consommer, petits et grands, riches et pauvres. À faire une meilleure place au travail féminin autrement que par la marchandisation du travail domestique. À donner plus de nos libertés individuelles dont apprendre à coopérer. Toute la question est de savoir comment. Je soutiens que c’est dans des cadres familiers que de telles dispositions peuvent apparaître évidentes, que de tels nouveaux partages peuvent s’effectuer ; c’est dans la cohérence des sociétés avec leurs marchés, la maîtrise de leurs préférences collectives, celle non bureaucratique de leurs marchés, soit dans la constitution de zones franches en prise sur la compétition internationale et de marchés locaux inter-reliés « encastrés » dans la société.


[1] L’Algérie, sortir de la crise, Abdellatif Benachenhou, 2015, p. 25.
[2] https://wir2022.wid.world/download/
[3] Adam Smith a pris le soin de distinguer le travail productif du travail improductif qui était alors moins représenté par le travail public que par le travail domestique.
[4] Voir en particulier les travaux d’Emmanuel Todd.
[5] Abdellatif Benachenhou. L’Algérie, les années 2030 de notre jeunesse. 2018, p. 14.
[6] Ibid.
[7] Ibid. p. 16.
[8] Ibid. p. 17.
[9] Ibid. p. 271.
[10] Ibid. p. 227.