La Covid-19, les incendies, le meurtre de Djamel Bensmail, et voilà que l’actualité ressort la carte du chômage. La principale «source» reste le communiqué du dernier Conseil des ministres dans lequel le «sujet» a été abordé. L’annonce concerne un projet de loi instituant l’allocation chômage. Laconique et «généraliste». Le seul détail précisé, c’est qu’elle «s’ajoutera aux formules d’allocations de chômage adoptées dans d’autres secteurs». Il faudra donc attendre les démarches du gouvernement, et après voir à l’œuvre l’APN et le Conseil de la Nation pour avoir au bout la «forme» finale de cette loi.
Evidemment, cette décision ne pourra, et ne devrait, apporter que du positif. Les espoirs sont d’ores et déjà grands pour en connaître les modalités et ceux qui vont en bénéficier. Cette attente est encore plus grande chez les jeunes. Il ne faut pas oublier que le taux de chômage chez les 15-24 ans en Algérie est (selon l’enquête emploi de l’ONS réalisé en 2019) de 26,9%. Un chiffre trop élevé pour se permettre de le négliger. Avec la crise économique qui s’est accentuée depuis deux ans, et avec les ravages de la pandémie, ce taux, sans aucun doute, est devenu bien plus important.
Cette annonce est tombée alors que le sort de 1700 travailleurs de l’Eniem (Entreprise nationale des industries électroménagères) de Tizi-Ouzou est des plus incertains. Ils se préparent, dès le début du mois prochain, à une période de chômage technique, et s’attendent, cette fois, à la fermeture définitive de leur entreprise dont la situation défraye la chronique depuis, au moins, le début de cette année.
Cette allocation annoncée coïncide également avec la mise au chômage des employés de deux médias, Lina TV et Djazairia ONE, toutes deux fermées sur décision de l’ARAV et l’accord du ministère de la Communication.
Ainsi, il y a d’un côté, une «ouverture» floue et sans détails, pour une énième formule d’aide (sans contrepartie ?), et de l’autre, des fermetures (prévue pour l’une et «définitive» pour les autres). Qu’en est-il des perspectives d’emploi ? Qu’en est-il des solutions concrètes, palpables ?

  • : Titre du roman de l’américain John Steinbeck (prix Nobel de littérature en 1962)