Par Hamid Bellagha
Ce n’est pas une tripartite mais une simple rencontre entre le président de la République et le secrétaire général de la centrale syndicale. Au menu, la revalorisation des salaires et l’avenir des subventions des produits de première nécessité pour le simple citoyen.
Sans surprise aucune, Labatcha Salim, dans une déclaration suite à son rendez-vous avec Tebboune, s’est dit satisfait de son entrevue avec le Président qui lui a certifié des augmentations substantielles des salaires en plus d’un ciblage en direction des franges les plus faibles de la société, une fois l’abandon des subventions des produits de première nécessité acté.
Ces retrouvailles entre la centrale syndicale et El Mouradia interviennent quelques jours après l’incarcération de l’ex-patron de l’UGTA, celui qui a été un fervent défenseur des thèses de l’ancienne présidence et élément actif du capital, loin de la défense des droits des travailleurs. La fameuse tripartite était en fait un monolithe qui donnait l’impression de divergences entre les parties en présence, mais qui s’est finalement révélé une immense supercherie qui a mené les travailleurs et leur pouvoir d’achat à la situation qui est la leur aujourd’hui.
Sans tambour ni trompette, Labatcha semble donc creuser petit à petit le sillon qui manquait entre l’UGTA et les travailleurs en mal de confiance envers leur «protecteur» depuis plus de vingt ans.
La rencontre a permis aussi un dialogue concernant la main tendue du Président à destination des partis politiques et des représentants de toutes les couches de la société, dont la centrale du 1er-Mai, pour asseoir les propositions et les conceptions idoines à la participation de tous à l’édification d’une société basée sur une justice pour tous.
Le face-à-face Tebboune-Labatcha inaugure-t-il une ère nouvelle fondée sur une confrontation-coopération entre l’Etat et un des principaux syndicats du pays ?
Serait-ce l’annonce d’une collaboration entre les deux parties et non plus un asservissement ? Les autres syndicats auront-ils leur mot à dire lors des prochaines rencontres avec la Présidence ? Les différents mouvements patronaux composeront-ils la troisième facette d’une tripartite qui ne l’a jamais été ?
Autant de questions qui ne trouveront pas de réponses immédiatement sur ces colonnes, mais seront, à coup sûr, un prélude à de nouvelles donnes où les règles du jeu seront appelées à changer.