Par Nadir Kadi
Annoncée dans la nuit de vendredi à samedi, la disparition de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika a suscité un certain nombre de réactions tout au long de la journée d’hier. La mort de l’ex-Président, en poste durant deux décennies, a en ce sens été suivie par l’annonce de la mise en berne du drapeau national durant trois jours. La présidence de la République soulignant à ce titre : «Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a décidé, suite à la mort de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, de mettre en berne le drapeau national pour une durée de trois jours à partir d’aujourd’hui et sur l’ensemble du territoire national».
Quant aux réactions et hommages des capitales étrangères ou de représentations diplomatiques en Algérie, il a notamment été signalé que le président Abdelmadjid Tebboune a reçu des communications ou lettres du Président palestinien Mahmoud Abbas qui a «présenté ses condoléances fraternelles les plus sincères», de la part du Chef de l’Etat des Emirats arabes unis, cheikh Khalifa Bin Zayed Al-nahyan, et du Premier ministre et ministre de la Défense, de l’émir de Dubaï, Cheikh Mohammed Bin Rashid Al-maktoum, ainsi que de Mohamed Ben Zayed Al-nehyan, prince héritier et ministre de la Défense d’Abou Dabi, qui ont tous les trois présentés leurs «condoléances» suite à la disparition de l’ex-Président algérien.
Le vice-président du Conseil présidentiel libyen Moussa Al-Kouni a, pour sa part, rendu hommage à l’ex-président en évoquant la politique de «concorde civile» : «Bouteflika est parti en silence laissant au pays un héritage de concorde», a écrit le responsable sur son compte Twitter. La représentation diplomatique américaine a, quant à elle, partagé sur ses réseaux sociaux, en milieu de journée, ses «plus sincères condoléances suite à la mort de l’ancien président». Et paradoxalement, ce sont les réactions des personnalités politiques nationales qui étaient plutôt rares jusque dans l’après-midi de samedi. Ainsi, sans préjuger des raisons de ce silence, probablement dues au weekend ou, plus vraisemblablement, à un certain «malaise» face à la disparition d’un Président contraint à la démission par un mouvement populaire, il est en ce sens à signaler que les pages officielles de presque tous les partis politiques, et notamment d’opposition, sont restées muettes ou ont seulement donné «l’information».
Seuls le RND et le MSP, par la voix de son président, Abderrazak Makri, ont posté un message où le nom d’Abdelaziz Bouteflika n’est jamais cité. Ainsi, le responsable du MSP déclare en substance : «Les dirigeants doivent se rendre compte que peu importe à quel point ils conquièrent les gens avec leur autorité, leur force, leur argent, leurs aides et leurs complices, ils ne conquièrent pas la mort.» Le même responsable, également repris par la page de son parti, ajoute plus loin : «La mort les rattrapera…», et il conclut son message par «ce message est destiné aux vivants». Quant au protocole de la cérémonie d’enterrement de l’ancien président, aucune information n’a pour le moment été communiquée, des sources de presse évoquent toutefois une inhumation aujourd’hui dimanche «en début de semaine» au carré des martyrs du cimetière d’El-Alia avec la présence probable du frère du défunt, l’ancien conseiller Saïd Bouteflika actuellement en détention. D’autres sources ont évoqué l’organisation d’une cérémonie officielle ce dimanche au niveau du Palais du Peuple à Alger. <