Le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officines (Snapo), l’Association nationale des distributeurs pharmaceutiques algériens (ADPHA) et l’Union nationale des opérateurs de la pharmacie (Unop) ont rendu public, hier, un communiqué par lequel ils relancent le débat sur la Caisse nationale des retraites et les difficultés qu’elle rencontre actuellement.

L’intervention du syndicat et des deux associations du secteur pharmaceutique dans la discussion sur l’avenir de la Caisse nationale des retraites (CNR) a pris la forme d’une réponse, pour le moins cinglante, à son Directeur général Slimane Melouka et sa proposition de chercher des financements par la taxation du médicament, du tabac et des alcools.
«Nous, syndicat et associations professionnelles du secteur pharmaceutique national, avons été profondément affectés par les déclarations publiques du Directeur général de la Caisse nationale des Retraites (CNR) qui a estimé que le financement du déficit structurel de cette institution devrait être assuré par une taxation à appliquer au médicament, au tabac et aux produits alcoolisés. Nous estimons que ce type de propositions relève d’une approche tout à fait inacceptable et injuste parce qu’elle consiste à regarder l’industrie pharmaceutique nationale comme une activité rentière et source de profits indus, au moment même où le gouvernement lui-même considère qu’elle revêt un caractère sensible et stratégique», déclarent le Snapo, l’ADPHA et l’Unop. Les trois acteurs du secteur de la pharmacie algérienne invitent le Directeur général de la CNR à regarder du côté des activités informelles «qui gangrènent aujourd’hui l’économie nationale et dont les profits échappent à toute saisie fiscale». Ils lui rappellent dans la foulée que l’industrie pharmaceutique «est des très rares au sein de notre économie qui soit totalement régulée dans l’ensemble de ses segments, dont tous les prix pratiqués sont fixés directement par la puissance publique et dont les transactions sont réellement transparentes d’un bout à l’autre de la chaîne de production et de distribution et échappent complètement aux pratiques de l’informel».

«Choqués»
Le fait de «considérer que c’est cette même industrie qui doit aujourd’hui être surtaxée pour les besoins de financement des déficits de gestion de son institution, relève d’une démarche inappropriée et d’un manque d’imagination», s’élèvent-ils, considérant la proposition M. Melouka «d’autant plus regrettable qu’au moment où nos dirigeants au plus haut niveau s’attellent à relancer durablement le développement de l’industrie locale et alors même que notre industrie pharmaceutique a besoin d’être soutenue pour affronter les défis de la maîtrise du marché interne et ceux de l’exportation vers les marchés étrangers, une telle démarche reviendrait à la sanctionner en raison même de son succès et de ses performances». Le syndicat et les deux associations qui estiment que la proposition du Directeur général de la CNR relève du «manque d’imagination» et se disent par ailleurs «choqués de constater que le médicament, produit noble s’il en est, et destiné à soigner la population, soit assimilé à des produits nocifs et dangereux pour la santé». Autrement dit le tabac et les alcools. Ils affirment ne pas ignorer que le déficit structurel de la CNR est «extrêmement grave et sérieux» et que, de ce point de vue, la seule tâche qui soit effectivement attendue du responsable de cette institution est de s’assurer que sa gestion soit aussi austère et efficace que possible et qu’elle ne génère pas de surcoûts inutiles.
Ils soulignent surtout que «la consommation totale de la filière pharmaceutique, production nationale et importations comprises, représente l’équivalent de 400 à 450 Mds de DA, même si ce montant devait être prélevé dans son intégralité, il ne couvrira jamais les 600 à 700 Mds de DA de déficit annuel de la Caisse nationale des retraites», rappellent-t-ils, en appelant «tout un chacun au sens de la mesure et de la responsabilité».