Par Hamid Bellagha
Le pain est à 15 DA depuis hier. C’est ce qui transparaît des échos parvenus de plusieurs wilayas. Certaines boulangeries ont même baissé rideau à l’arrivée des policiers ou des gendarmes venus contrôler le « nouveau » prix de la baguette. Car, si, officiellement, cette dernière pèse 250 g à un prix de 7,50 DA, force est de reconnaître que depuis des années le prix est passé à 10 DA avec une baguette rachitique après un régime imposé par les boulangers où leurs balances affichent rarement les 250 g certifiés.
Tout cela pour caricaturer ce qui attend le consommateur en cette année 2022, où sur ces mêmes colonnes nous avions essayé de deviner ce qui n’est pas mentionné dans la loi des finances des 12 mois à venir. Avec la valse-hésitation en ce qui concerne l’abandon des subventions de certains produits, les hausses de prix officielles et surtout celles de ceux officieux, il est à craindre une énième mise à mal du portefeuille de la classe moyenne, déjà laminée par des années d’inflation non dite et non reconnue. Il y a bien eu la proposition et l’adoption de la réduction de l’IRG, mais cela restera sûrement insuffisant pour combler les augmentations des prix directes et indirectes.
La reprise de l’activité étant sujette à un « courage » dans l’accompagnement que les banques ne possèdent pas, la relance de l’économie par la consommation n’est pas pour demain, d’autant que l’inflation importée est là pour juguler tout contrôle de circulation de la masse monétaire, la plupart de cette dernière se trouvant d’ailleurs dans le circuit informel. A cela, il faut ajouter les pénuries réelles ou fabriquées de certains produits de consommation, un rajout peu ragoûtant à l’affolement des prix tel un compteur Geiger à Tchernobyl.
C’est dire que ce qui attend le consommateur ne relève point de lendemains meilleurs, mais plutôt d’un futur chahuté où le commerce et le paiement électronique relèvent encore d’une chimère évidente.
Les déclarations réconfortantes des membres du gouvernement, du patron de la CAPC ou du président de la République sont en principe faites pour réconforter le citoyen lambda, mais comme chat échaudé craint toujours l’eau froide, et même tiède, l’Algérien a appris à jauger, juger et apprécier le gouffre énorme qui sépare le discours officiel de son application sur le terrain. Les exemples des prix du poulet, de la tomate, de la pomme de terre et de la disparition cyclique de la semoule et de l’huile de table, sont là pour prouver que les décideurs et les argentiers n’ont aucune emprise sur des secteurs où les intermédiaires, les mandataires et les beggara ont la part belle.