L’appel du président de la République à une participation massive lors des prochaines élections législatives est favorablement accueilli par les partis politiques prenant part à cette échéance électorale.

C’est ainsi que Naâmane Laouer, membre de la direction du Mouvement de la société pour la paix (MSP), expliquera d’emblée que «l’appel du Président est positif». «Nous accueillons très favorablement l’appel du chef de l’Etat à une participation massive des citoyens lors des législatives », note-t-il, au motif que « les citoyens doivent impérativement exprimer leur avis et position lors de ce rendez-vous électoral ». Toutefois, Naâmane Laouer dit ne pas préjuger de la réaction de la population à l’appel présidentiel. « On ne sait pas comment les citoyens vont répondre à cet appel », note-t-il. Ses doutes se fondent sur « la relation de défiance qu’il y a entre le citoyen et le pouvoir ». « On craint que les citoyens n’adoptent une réaction et une attitude contraires à l’appel du Président en refusant d’aller voter car le peuple n’a pas confiance en son gouvernement », argue-t-il. Même son de cloche à El Islah. Fillali Gouini, président de cette formation politique, affirme avoir «la même position que celle exprimée par le chef de l’Etat dans son message». «Notre participation à cette élection s’inscrit dans le cadre d’une mobilisation populaire pour faire face aux dangers et défis qui guettent le pays », a-t-il ajouté. «Nous participons à cette élection pour prendre part aux différentes étapes d’édification du pays, pour consolider le travail institutionnel et constitutionnel, pour combattre l’abstention.
Nous avons à plusieurs reprises exprimé notre disposition à travailler avec toutes les parties engagées dans le processus électoral pour réduire un tant soit peu le spectre de l’abstention », a-t-il soutenu. «La participation massive à l’élection est la seule garantie de la solidité des institutions futures.» A ses yeux, « le message du Président n’est pas une nouveauté car ce n’est pas la première fois qu’il lance un tel appel à la participation », soutient-il. Avant de faire observer que « cet appel présidentiel intervient dans un contexte inquiétant sur le plan sécuritaire et de stabilité du pays ». De son avis, « la consolidation du front interne est un impératif majeur pour faire face à tous les dangers perceptibles à travers des déclarations çà et là et certaines prises de position concernant notre pays mais, aussi, à travers les dangers qui pèsent sur nos frontières ». Il fera remarquer qu’«il est donc tout à fait normal qu’un haut responsable dans n’importe quel pays prenne les devants pour préserver la stabilité et la sécurité comme vient de le faire le président de la République». Atmane Mazouz, responsable de la communication au Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), estime par ailleurs une position différente. «Dans son message, le Président parle de garanties constitutionnelles. Au RCD, nous disons que ces garanties n’existent pas et tout est fait pour ne pas garantir justement la régularité du processus électoral», explique-t-il. S’agissant de la mobilisation des citoyens en faveur du vote, Mazouz note que «sur le terrain, le RCD constate que l’administration fait tout pour démobiliser les citoyens et les empêcher de s’exprimer librement ». Notons qu’«il y a des wilayas, à l’instar de Tamanrasset, Jijel, Tiaret et à Mila, où les citoyens commencent déjà à se plaindre ». « C’est le pouvoir qui fait tout pour empêcher le citoyen de se mobiliser en faveur d’une participation électorale », a-t-il ajouté.