Des partis politiques, notamment ceux émargeant au sein de l’Alternative démocratique, des organisations de la société civile, des collectifs de la diaspora, des universitaires et des citoyens engagés dans le mouvement populaire ont signé, hier, une déclaration appelant à un«rejet pacifique» de la présidentielle prévue jeudi. Parmi les partis signataires de l’appel, lancé à 48 heures du jour du scrutin, figurent le FFS, le MDS, le RCD, le PT, le PST, l’UCP, alors que le monde syndical a été représenté notamment par le Satef et le Snapap. «Nous appelons solennellement les Algériens au pays et dans la diaspora à continuer à rejeter, par tout moyen pacifique, la mascarade électorale du 12 décembre en demeurant vigilants contre toutes les provocations contre-révolutionnaires», ont indiqué les signataires. Les signataires ont recommandé aussi de continuer «ensemble d’exiger dans l’union le départ du système policier à travers une transition démocratique qui jette les jalons d’une nouvelle République». «Restons unis, déterminés et pacifiques dans ce combat exemplaire pour la démocratie et la citoyenneté effectives. Encore une fois, rien ne pourra venir à bout de la révolution algérienne pacifique contre le système autoritaire», ont-ils ajouté. Dans leur argumentaire de l’appel, les signataires sont revenus sur les péripéties du mouvement populaire depuis son irruption contre le cinquième mandat du président déchu. «Depuis neuf mois, un pouvoir de fait, illégal et illégitime, s’évertue à parachever les séquences d’un vrai coup de force en voulant récupérer le soulèvement populaire qui a déposé Abdelaziz Bouteflika», est-il écrit dans le document. Les signataires de l’appel regrettent que «l’opposition explicite et déterminée de millions de citoyen(ne)s à cette nouvelle forfaiture contre la souveraineté populaire soit gérée par la répression, la diversion, la division, le chantage et le verrouillage de l’espace public».
Il est aussi fait état, à la charge des autorités, de la «volonté d’acheter le silence des puissances étrangères étalée sans vergogne à travers des sollicitations directes et des réaménagements juridiques et économiques qui hypothèquent jusque l’avenir lointain», évoquant à ce titre l’adoption de la controversée loi sur les hydrocarbures. «L’exemple de la Loi scélérate de bradage des hydrocarbures confirme que lorsqu’il n’y a pas de pouvoir légitime, il ne peut y avoir de souveraineté nationale possible», soutiennent les signataires de l’appel.
Pour ces derniers, «le pseudo accompagnement du peuple des tenants du système n’arrive pas à masquer le vrai objectif : le maintien du système autoritaire et corrompu», dénonçant également ce qu’ils qualifient de «candidats cooptés». Ils dénoncent aussi «l’interdiction de toute campagne publique opposée au projet de parodie électorale, accompagnée d’une répression féroce à l’échelle nationale, mettant un terme à toute illusion de renouveau même chez les plus crédules de nos concitoyens». Pour les mêmes signataires de l’appel, «l’Etat démocratique et social, les libertés fondamentales et la primauté du civil sur le militaire, promis par la Révolution de libération nationale, sont encore à arracher».
Considérant que «le système policier, qui a spolié le peuple, est une succession de désastres multiples», les partisans du rejet du scrutin ajoutent que «la corruption institutionnalisée a détourné et dilapidé des centaines de milliards de dollars installant des inégalités sociales criantes et des déséquilibres régionaux dangereux pour la cohésion de la société et de la Nation».
Raison pour eux de soutenir que «l’heure est grave».
Les signataires dénoncent aussi l’obstination des tenants du pouvoir «à imposer, par un violent passage en force, un Président de leur choix, au risque de porter atteinte à la pérennité de l’Etat, voire d’entraîner le pays vers le chaos», soulignant que les tenants du pouvoir «entendent perpétuer l’autoritarisme et la prédation». «Nous revendiquons, légitimement, un changement de système politique que seuls permettront une transition démocratique et un processus constituant souverain hors du contrôle des figures et institutions policières du système autoritaire», ont-ils conclu.n