Le ministère du Commerce a été destinataire de pas moins de vingt requêtes depuis l’entrée en vigueur, en janvier dernier, du Droit additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS) applicable aux opérations d’importations de marchandises destinées à la consommation en Algérie.

Un nombre rapporté par le sous-directeur des défenses commerciales auprès du ministère du Commerce, Yacine Zouaoua, lors d’un exposé qu’il a donné sous le thème «Dispositif d’encadrement du commerce extérieur», à l’occasion d’une journée d’étude sur la loi de finances 2019, organisée hier par la Chambre de commerce Mezeghna dans l’enceinte de l’Agence algérienne de promotion du commerce extérieur (Algex).
Et marquée par la présence d’un nombre important d’industriels et patrons d’entreprise. Certains se sont montrés impatients à prendre la parole après l’exposé de Zouaoua, ce dernier ayant donné des détails sur l’intérêt du DAPS. Des intervenants estiment que certains taux de ce droit, qui varient entre 30 et 200%, sont «irréfléchis», tandis que d’autres sont «incohérents» avec la réalité du terrain. «Dans de nombreux cas, on peut déduire que la commission chargée de fixer le taux pour chaque famille de produits a manqué de rigueur ou bien ne s’est pas suffisamment concertée avec les filières parties prenantes», a lancé le patron d’une entreprise versée dans l’importation de produits de quincaillerie, notamment les articles de plomberie, sanitaires et d’électricité. Le sous-directeur lui a répondu tout de go : «Les taux ont été élaborés après de nombreuses séances de concertation avec les filières.»
Et de préciser dans ce sens : «La commission a organisé une série de rencontres avec les représentants des différentes filières de production aux fins d’examiner les propositions des produits à soumettre au DAPS ainsi que les taux correspondants.»
Un autre industriel, grossiste en matériel de plomberie, n’a pas hésité d’avancer que «le taux fixé dans la famille des produits sanitaires va provoquer, soit une pénurie, soit faire grimper les prix de façon exorbitante. A croire que les membres de la commission ont fait abstraction que l’offre locale en la matière est très en deçà de la demande du marché, qui va certainement exploser par la multiplication des projets de construction de cités urbaines et autres infrastructures très demandeuses en la matière».
Un autre intervenant, versé dans la vente de logiciels et autres produits informatiques, lancera au responsable : «Avec le taux fixé, il nous reste plus qu’à mettre la clé sous le paillasson.» Un autre n’a pas caché son étonnement devant le fait que «l’on continue de taxer à haut pourcentage des produits d’importation entrant dans la composition des matériels». «C’est une aberration», a-t-il lâché. Après ce dédale d’interventions, on peut vite avancer que le nombre de requêtes qui va être déposé au niveau du ministère du Commerce va se multiplier, comme il faut s’attendre que les opérateurs, se sentant pénalisés par le DAPS, vont monter au créneau pour faire baisser le taux du droit qui les concernent. Pour l’heure, M. Zouaoua a informé que la commission de sauvegarde poursuivra ses travaux d’examen «des requêtes formulées par les opérateurs économiques», a-t-il rassuré.
Concernant les demandes de protection émanant des représentants des filières de la chaussure, des compléments minéraux vitaminés, de la production de batteries automobiles, ainsi que les produits laminés en fer, en acier ou en galvanisé, le sous-directeur a indiqué que leurs requêtes «vont être sérieusement prises en compte», a conclu M. Zouaoui.<