Les pénuries qui perturbent épisodiquement le commerce des produits de première nécessité sont devenues une hantise pour le consommateur et un casse-tête pour le gouvernement. Afin d’éviter de nouvelles tensions sur le marché, en particulier à l’approche du ramadan, période propice à une consommation effrénée, la chambre basse du parlement entend prendre les devants…

PAR NAZIM BRAHIMI
A l’évidence, c’est un nouveau test qui se profile déjà à l’horizon pour les pouvoirs publics tenus de maîtriser le marché et d’assurer la disponibilité des produits de base, avec des prix raisonnables, qui ne faibliront pas davantage le pouvoir d’achat des Algériens.
D’ailleurs la chambre basse du Parlement semble vouloir anticiper tout risque de pénurie. A cet effet, les membres de la commission des affaires économiques, du développement, de l’industrie, du commerce et de la planification de l’Assemblée populaire nationale (APN) ont décidé d’auditionner des opérateurs économiques pour «parer à une éventuelle pénurie de certains produits alimentaires de base durant le mois de Ramadhan».
«A l’issue de la réunion, lundi, de la commission des affaires économiques de l’APN, sous la conduite de Smaïl Kouadria, président de la commission, les membres ont proposé d’auditionner des opérateurs économiques pour parer une éventuelle pénurie de certains produits alimentaires de base durant le mois de Ramadhan», a précisé un communiqué de l’APN.
La même source a informé qu’il «a été convenu d’auditionner le président de la confédération des viandes rouges, les membres de la Chambre de commerce et d’industrie Mezghena-Alger et le président de la fédération des producteurs de pommes de terre».
Un choix qui n’est pas fortuit dans le sens où ce sont les produits fortement demandés durant le ramadhan qui sont plus que jamais ciblés pour assurer leur disponibilité.
Les membres de la même commission ont procédé, par la même occasion, à l’évaluation du travail de la mission d’information provisoire chargée d’enquêter sur la pénurie de l’huile de table sur les marchés.
Ces membres ont estimé que «la commission a, dans son rapport, rendu compte des faits en toute transparence», faisant part de leur «détermination à concrétiser sur le terrain les solutions proposées dans le rapport et à suivre les préoccupations relevées, en coordination avec les opérateurs économiques, ainsi que la mise en œuvre des recommandations citées dans le rapport de la mission d’information».
La commission a, par ailleurs, étudié la possibilité de programmer des missions d’information provisoires sur «le lancement des projets d’investissement à l’arrêt tel que recommandé par le président de la République et les raisons du retard dans le lancement des projets gelés», selon le communiqué de l’APN.
Il faut rappeler à ce propos que le président de la commission d’enquête, Smaïl Kouadria avait indiqué que le ministère du Commerce avait une «grande part» de responsabilité dans la crise de l’huile de table, ainsi que certains producteurs de cette matière.
Le même responsable a évoqué de «fausses informations sur les réseaux sociaux qui affectaient le modèle de consommation et exacerbaient la crise», auxquels s’ajoutent l’absence d’informations précises, une mauvaise communication et le silence des autorités concernées…
Ladite commission a conclu aussi au fait que certains producteurs ont refusé d’augmenter les quantités de production de l’huile de table en prétextant la faiblesse de la marge bénéficiaire.
Des producteurs ont indiqué à la commission d’enquête parlementaire qu’ils n’avaient pas perçu leur compensation de la part du ministère du Commerce, compensation qui figure pourtant dans le processus de la vente au prix subventionné par l’Etat.
Selon la commission, un producteur d’huile de table installé à Ain Melilla, dans la wilaya d’Oum El Bouaghi, n’a pas reçu sa part de compensation depuis janvier 2021, à ce jour.
A ces problèmes se sont greffés d’autres facteurs qui ont généré des pénuries.
Il s’agit notamment du «rejet des procédures de facturation et les carences dans la distribution qui sont les principales raisons de la pénurie», selon une voix qui a fait partie de la commission.
Autrement dit, les autorités sont plus que jamais tenues d’agir sur plusieurs fronts (productions, facturation, distribution…) pour prétendre assurer la disponibilité des produits et éviter de nouvelles tensions. n