Les éditions Frantz-Fanon annoncent la sortie de près d’une vingtaine de nouveaux titres, entre essais politiques, ouvrages biographiques, mais aussi romans et livres sur l’histoire qui seront présents au 24e Salon international du livre d’Alger (Sila). Une « rentrée littéraire » et un contact avec le grand public qui devraient se décliner sur trois centres d’intérêt principaux, l’actualité du pays et du monde, avec plusieurs ouvrages et points de vue sur le Hirak. Les combats et les revendications culturelles et identitaires, avec entre autres un questionnement sur la place de la langue dardja. Mais aussi le roman et l’imaginaire avec la présentation de ce qui est peut-être le tout premier – ou en tout cas l’un de rares – roman algérien que l’on pourrait classer comme de la pure science-fiction.
Contacté, le directeur des éditions Frantz-Fanon, Amar Ingrachen, nous rappelle que la maison d’édition qu’il a fondée en 2014 reste cette année encore fidèle à sa ligne éditoriale. « Frantz-Fanon reste une maison d’édition engagée. Nous essayons chaque fois d’accompagner le mouvement mondial d’émancipation. Bien sûr, nous traitons de l’actualité de la société algérienne qui se bat pour sa libération. Nous nous devions d’accompagner ce mouvement dans un cadre d’édition ». Et « actualités oblige », le Hirak apparaît en tête des nouveautés de la rentrée avec quatre titres : l’ouvrage collectif « La révolution du sourire », le texte de Saïd Sadi « Révolution du 22 février, un miracle algérien », mais aussi « Dissidences. Chroniques du Hirak » de Mohamed Kacimi et l’ouvrage de Abdou Elimam « Après Tamazight, la Darija (Maghribi) » qui « pose la question identitaire dans le cadre du mouvement populaire actuel », explique l’éditeur. Un contexte algérien que la maison d’édition Frantz-Fanon souhaite également replacer dans la réalité d’un monde troublé, en constante mutation. Le responsable annonce ainsi la sortie du texte « Les Kurdes aussi savent rêver » de Fawaz Hussain. Un choix qu’il explique en indiquant que la « question » kurde est « emblématique du malaise géopolitique du monde d’aujourd’hui et des effets néfastes de la mondialisation, dont l’une des conséquences est l’étouffement des minorités ». Le catalogue des nouveautés revient également sur les revendications culturelles et identitaires dont la question des langues dans l’enseignement, l’héritage de Mouloud Mammeri ou de Taos Amrouche. Il est également question de l’ouvrage du journaliste Boukhalfa Bacha qui, entre autobiographie et histoire, retrace la création de la radio Chaîne II. L’ouvrage, coédité avec le Haut-commissariat à l’amazighité (HCA) et proposé en langue amazigh, est présenté comme « un texte nécessaire ». « Nous avons besoin de ce type d’ouvrages. Il y a beaucoup d’auteurs qui s’intéressent à l’histoire politique du pays, mais très peu se consacrent à l’histoire culturelle. Ce livre, qui met en avant un aspect de notre histoire, est à ce titre éclairant. »
Quant aux nouveaux romans, très présents, et parmi lesquels on peut citer « Amira ou la légende du temps qui meurt » de Hamid Fekhart, ou encore « Une difficile fin de moi » d’Ahmed Zitouni, l’un des textes qui retient déjà l’attention est également le nouveau roman d’Ahmed Gasmia «Les peuples du ciel » où l’auteur propose de la science-fiction et imagine une société au 24e siècle, partagée en deux communautés rivales. Un ouvrage que l’éditeur nous décrit comme un « texte extraordinaire et unique dans la paysage littéraire algérien».