Un groupe de personnes, composé de militants, de personnalités, de représentants de la société civile, de médias, d’étudiants, de professeurs et d’avocats, a rendu public un communiqué dans lequel il a tenu à «dénoncer» et à «condamner» la violence contre des manifestants survenue vendredi dernier, estimant qu’il faut «bannir la violence» afin de «consacrer l’unité nationale» dans cette conjoncture difficile que traverse le pays.
C’est dans ce cadre que dès le lendemain, soit avant-hier samedi, ils ont tenu une réunion au cours de laquelle ils affirment que le sujet de la violence a été au centre des débats qu’ils ont eus et qui ont été sanctionnés par la rédaction et la diffusion d’un communiqué.
«Lors de la rencontre qui nous a réunis à Alger, le 28 décembre 2019, et sur la base de l’importance de la situation que traverse le pays, nous condamnons fermement et rejetons les pratiques violentes contre des manifestants pacifiques dans plusieurs régions du pays le vendredi dernier», ont-ils déclaré dans le communiqué rendu public hier. Ils ajoutent que les pratiques qu’ils condamnent ont eu lieu «sous les yeux et les oreilles des forces de sécurité que nous appelons à assumer leurs responsabilités».
C’est pourquoi, le groupe de militants, personnalités, représentants de la société civile, de professeurs et autres lance un «appel à bannir la violence» dans l’objectif de «consacrer l’unité nationale». Cet appel, disent-ils, est lancé à «toutes les composantes de la société algérienne» afin qu’elles expriment leur «rejet» des actions incriminées et d’exprimer également leur «totale solidarité», et ce, dans le noble but de « consacrer l’unité nationale ».
Les rédacteurs du communiqué ont saisi l’occasion de la réunion de samedi dernier pour revenir sur le mouvement populaire à propos duquel ils affirment réitérer leur avis à poursuivre la contestation. «Nous réitérons notre avis que le mouvement populaire pacifique doit s’inscrire dans la continuité, et ce, jusqu’à la satisfaction de ses revendications légitimes d’une véritable transition démocratique devant aboutir à un changement politique pacifique et radical», selon les termes du communiqué.
Sur un autre registre, celui des détenus en cette période de contestation populaire, les signataires lancent, par ailleurs, un appel aux autorités dans lequel ils réitèrent leur demande de «mesures d’apaisement urgentes» qui se résument en deux points. Le premier consiste en «la libération inconditionnelle des détenus d’opinion du mouvement populaire, l’annulation des décisions arbitraires ainsi que les poursuites judiciaires». Le deuxième a trait à «l’ouverture des champs politique et médiatique public et privé, afin que les citoyens puissent exercer leurs droits civils et politiques garantis par la Constitution».
Par ailleurs, un appel est lancé à «l’ensemble des militants de la classe politique et de la société civile à travailler ensemble pour parvenir à une conférence inclusive afin d’élaborer une feuille de route qui incarne toutes les exigences du mouvement», est-il noté dans le même communiqué signé par une cinquantaine de personnes parmi lesquelles le sociologue, Nacer Djabi, l’enseignant Zoubir Arrous, l’historien et auteur Mohand Arezki Ferrad, Said Salhi, vice-président de la LADDH, le journaliste Othmane Lahiani, Hani Bouregaâ (fils de Lakhdar Bouregâa) et d’autres étudiants activistes. n