Les militants du Front des forces socialistes (FFS) ont commémoré, hier, la cinquième année de la disparition du chef historique et président du parti, décédé le 23 décembre 2015, en se recueillant de manière simple et sobre sur sa tombe.
Si le contexte sanitaire semble avoir contraint de nombreux militants à ne pouvoir se rendre au village natal du défunt Aït Ahmed, des responsables du parti, à l’image des membres de l’Instance présidentielle et du premier secrétaire, Youcef Aouchiche, ont tenu à se déplacer. Et comme le recommande le «testament» de l’ancien chef de l’Organisation spéciale (OS), interdisant toute cérémonie ou tribune politique sur les lieux de son enterrement, le moment était celui du recueillement.
«Je veux être inhumé dans mon village aux côtés de ma mère. Les restes du corps de mon père, inhumé en Tunisie, doivent être rapatriés en Kabylie pour l’enterrer à mes côtés», avait notamment indiqué Hocine Aït Ahmed. Le fondateur du FFS a, également, souhaité qu’«aucun sanctuaire ne devait être érigé en sa mémoire, tout comme sa tombe ne devait pas être l’occasion et le lieu pour des célébrations et cérémonies organisées par une quelconque autorité politique, des partis politiques ou groupes de quelque nature qu’ils soient».
Les hommages ont été exprimés par d’autres supports, notamment sur les réseaux sociaux. C’est ainsi que Hakim Belahcel, membre de la direction nationale, a écrit, sur son compte facebook, que «feu Hocine Aït Ahmed avant qu’il ne se convertisse en précurseur du combat démocratique en Algérie, en fondant avec ses compagnons de lutte le premier parti politique d’opposition, fut l’un des pionniers et architectes du mouvement national qui a été le berceau de notre glorieuse guerre de libération nationale».
Dans son hommage, Belahcel a indiqué que le parcours patriotique et révolutionnaire de Si l’Hocine «est si limpide et exemplaire que même les tentatives foireuses et haineuses de ceux qui ont œuvré inlassablement pour le salir et le casser, se sont toutes fracassées sur une digue faite d’un capital inestimable de crédibilité et de sympathie populaire». Il a ajouté que les tenants du pouvoir «ont voulu ternir son image de leader, de repère historique et politique et, par conséquent, tuer en nous tous cet espoir que Da l’Hocine a su cultiver en nous durant des décennies de résistance contre la tyrannie et la dictature, pour le sublimer au summum du combat permanent pour l’avènement de la Deuxième République».
Tout en rappelant qu’Aït Ahmed «était un défenseur acharné et insatiable du projet de la construction du Grand-Maghreb démocratique des peuples», le responsable du FFS a souligné que «l’une des causes qui ont marqué et motivé notre président, est sans hésitation, la cause palestinienne». Relevant que «cet engagement s’est exprimé à tous les niveaux et à chaque occasion, pour devenir ensuite un combat qui nous concerne tous à travers plusieurs générations de militants au sein du FFS».
A l’occasion des 5 années passées depuis son décès, «nous mesurons le poids de l’héritage politique, pédagogique, historique et humain qu’il nous a légué», a souligné M. Belahcel, pour qui le défunt «manque énormément» à l’effort commun et sincère pour «redorer le blason du grand FFS pour lui restituer sa place naturelle de locomotive indiscutable du combat démocratique en Algérie».
Pour sa part, Djamel Ballaoul, chargé de la communication, a cité quelques faits et étapes importants dans le parcours d’Aït Ahmed depuis son adhésion au PPA en 1942, soit à l’âge de 16 ans, et ses luttes politiques, depuis l’Indépendance, pour l’instauration d’un Etat de droit et d’institutions démocratiques. n