Le confinement décidé par les autorités, dans le cadre des mesures de prévention contre la propagation du coronavirus, peine manifestement à susciter l’adhésion totale des populations, alors que la sonnette d’alerte ne cesse d’être tirée à mesure que la pandémie s’inscrit dans la durée.
Il est, en effet, vrai que des villes entière s’appliquent et veillent au respect de la prévention, mais force est de constater que dans certains endroits, le confinement reste peu suivi, constat que confirment les chiffres des services de sécurité à travers le territoire national.
Dix jours après l’extension du confinement partiel et plus d’une vingtaine de jours depuis l’instauration du confinement total pour la wilaya de Blida, épicentre de l’épidémie, le bilan est loin d’être rassurant sur ce registre.
Le volume des infractions enregistrées par les éléments de la Sûreté nationale et de la Gendarmerie nationale est incontestablement révélateur d’un déficit de conscience, voire d’insouciance, quant à la gravité de la situation sanitaire. Plus inquiétant aussi, le nombre d’infractions à la règle du confinement signalé dans la ville de Blida où près de 2 000 personnes ont été arrêtées pour non-respect de la décision de confinement total, imposée à la wilaya depuis le 24 mars dernier pour mettre un frein à la propagation du Covid-19, selon la cellule de communication et des relations générales de la Sûreté de wilaya de la ville des Roses. Dans la ville de Relizane, on déplore plus de 140 infractions aux mesures de confinement partiel, selon les chiffres de la Gendarmerie nationale, qui précise que ces transgressions des règles de confinement ont été commises par des piétons, des automobilistes et des motocyclistes contre lesquels des procès-verbaux ont été établis et envoyés aux autorités judiciaires.
Dans le cadre des dispositions interdisant la circulation automobile entre 19 heures et sept heures du matin sauf avec autorisation, 75 véhicules et 4 motos ont été mis à la fourrière.
Idem pour la wilaya de Médéa, limitrophe de Blida, où pas moins de 115 véhicules dont les conducteurs ont bravé les mesures d’interdiction de circulation pendant la durée du confinement partiel ont été mis dimanche en fourrière. Et signe d’une tendance assez sérieuse au non-respect des règles de confinement par les automobilistes, la promenade de la Sablette a été aménagée pour l’accueil des véhicules saisis des contrevenants aux dispositions du confinement à Alger. «Au vu de la saturation des fourrières en véhicules des contrevenants aussi bien aux lois qu’aux dispositions relatives au confinement dans la capitale, et sur ordre du wali, le parking de la promenade de la Sablette, d’une capacité d’accueil de plus de 1 200 véhicules, a été aménagé pour les besoins de mise en fourrière», a déclaré le Directeur général de l’Office des parcs, des sports et des loisirs d’Alger (Opla), Lyes Guemgani.
Agglutinement dans les marchés et prières collectives
Loin des indicateurs que livre le trafic routier quant au non-respect du confinement, ce sont les images marquant l’agglutinement des citoyens dans les marchés qui choquent l’opinion. Que cela soit dans un marché populaire ou devant un camion chargé de semoule, les citoyens font fi de toutes les précautions qu’exige le contexte sanitaire en se bousculant dans des chaînes indescriptibles. Des comportements et attitudes à contre-sens de la prévention que recommandent les autorités sanitaires et les pouvoirs publics. «Au vu de ces images et vidéos, on dirait que le pays ne vivait pas une situation d’urgence sanitaire», ne cessent de commenter des internautes en découvrant un mouvement et une ambiance des plus «ordinaires» dans les marchés alors que la situation énonce le contraire avec un bilan de morts et de contaminés au quotidien. Par ailleurs, c’est le comportement de certains groupes qui tenaient à accomplir leurs prières collectivement qui est dénoncé. A Bougara (Blida), selon le témoignage du docteur Aggoune Abdallah, un «imam âgé de 40 ans, décédé du virus la semaine dernière et malgré l’ordre de fermeture des mosquées, dirigeait des prières collectives dans un café, ce qui serait une des origines de la propagation de ce virus mortel», témoigne, inquiet, le médecin. n