L’appel du FLN au chef de l’Etat à se présenter pour un cinquième mandat semble être bien accueilli par le RND. Sollicité à ce sujet, son porte-parole, Seddik Chihab, ne s’est, en effet, pas montré critique de l’initiative du « front », indiquant que son initiative ne gêne pas sa formation.

M. Chihab, qui a déclaré à Reporters que la question de la présidentielle de 2019 fera l’objet d’un « débat profond » au sein du RND, n’a cependant pas eu le commentaire facile à ce sujet précisément. C’est d’ailleurs l’attitude, hier, de toutes les formations et les personnalités que nous sommes parvenues à contacter en ce samedi de week-end. Leur réaction est que l’initiative du FLN de solliciter un nouveau mandat du chef de l’Etat est tout sauf une surprise et qu’il faut désormais « attendre de faits nouveaux », autrement dit la réaction de l’intéressé lui-même. Pour le leader du MSP, Abderrazak Mokri, l’appel du FLN procède d’une « affaire interne ». « ça ne nous intéresse pas, ce qui nous intéresse c’est le pays », a déclaré M. Mokri qui a ajouté que sa formation aura un avis plus tranché sur la question en temps opportun. Pour le chef d’Ennahdha Mohamed Douibi, « il est du droit d’un parti politique de choisir le candidat qu’il veut pour l’élection présidentielle » et que l’initiative du FLN « ne tombe pas du ciel », mais qu’elle représente l’avis d’un courant qui existe au-delà des rangs du parti de Djamel Ould Abbès. « Il ne s’agit pas de considérer cet appel comme bon ou mauvais, il s’agit de le considérer comme un indicateur d’une tendance au sein du pouvoir », a affirmé M. Douibi qui a ajouté que son parti « aura à clarifier sa position sur la question dans un cadre adéquat et après une analyse des éléments d’information » qu’il aura à recueillir. Lakhdhar Amokrane, cadre dirigeant au parti Jil Jadid, dira d’emblée que sa formation s’oppose à un cinquième mandat.
Il estime que « rien dans la décision prise par le FLN d’appeler M. Bouteflika à se présenter pour un nouveau mandat n’indique qu’il s’agit de l’expression politique d’un courant au sein du pouvoir ». « Certes ce parti est proche du pouvoir, mais il peut tout aussi avoir pris cette initiative pour occuper la scène politique et faire oublier la crise que traverse le pays ».