Devant la commission «finances et budget» de l’APN, hier, le ministre de l’énergie a fait une description d’un secteur des hydrocarbures en pleine transformation. Ces changements sont de nature structurelle et conjoncturelle à la fois, en raison notamment des conséquences très lourdes de la pandémie de la Covid-19. Ils dessinent pour perspective un domaine industriel stratégique pour l’Algérie, qui ne parvient pas encore à trouver l’alternative à la rente pétro-gazière, mais trahissant des signes d’essoufflement à moyen et long termes.
Parmi les changements annoncés par les chiffres présentés par Abdelmadjid Attar devant les parlementaires de la commission «Finances et budget», celui indiqué par les performances en baisse de la production d’hydrocarbures (lire article de Hakim Ould Mohamed). Mais l’ensemble des chiffres de l’année qui s’achève «font ressortir un recul de la quasi totalités des indicateurs», a souligné le ministre de l’énergie.
Au chapitre important des exportations, principale ressource en devises pour le pays, M. Attar a fait savoir qu’elles devraient atteindre, à fin décembre, quelque 82 millions de tonnes équivalents pétrole (TEP), soit 22 milliards de dollars. Ce qui représente une forte baisse de 33% par rapport à 2019. Ce sera donc moins que l’exercice précédent et de celui d’avant.
En 2018, en effet, les exportations ont connu une baisse de 101,4 millions TEP, contre 108,8 millions en 2017, soit un recul de 7%. Un repli qui s’explique par le respect des décisions de réduction de la production prises dans le cadre de l’alliance Opep+ ainsi que par une baisse de la demande des pays européens sur le gaz naturel, a déclaré le ministre de l’Energie. Mais les observateurs pointent également des baisses de performance de nature endogène. Conséquences directes, les recettes prévisionnelles de la fiscalité pétrolière devront atteindre 1850 milliards de dinars, soit un recul de 33% par rapport à l’année dernière, soit 132% de la valeur de la fiscalité pétrolière prévue dans la LFC 2020 (1395 milliards de dinars).
En ce qui concerne, la consommation locale d’hydrocarbures, elle a connu une baisse importante sous l’effet de la panne industrielle provoquée par la pandémie de la Covid-19. Selon le ministre, elle enregistrera un recul à hauteur de 60 millions tonnes TEP, en raison de la faiblesse de la demande en produits pétroliers et en gaz. M. Attar a fait état, par ailleurs, de la décision du secteur de réduire ses importations en essence et en mazout conséquemment à la baisse de la demande sur les produits pétroliers et la saturation des capacités de stockage. Ainsi, selon lui, les importations en produits pétroliers devront s’établir, fin 2020, à quelque 700 millions de dollars contre plus d’un milliard de dollars en 2019.

bon à savoir
Dans son exposé devant la commission «finances et budget» à l’APN, le ministre de l’Energie a fait une annonce qu’il va falloir suivre parce qu’elle devrait concerner les automobilistes qui circulent hors des frontières du territoire national et ceux qui voyagent par route vers la Tunisie, essentiellement. Abdelmadjid Attar a en effet rappelé que, parmi la série de mesures visant la rationalisation de la consommation contenue dans la Loi de finances 2021, il y a la disposition d’une taxe sur la consommation des carburants pour les véhicules sortant des frontières du pays.