Nouvelle alerte en provenance de la Caisse nationale des retraites. L’argent vient encore à manquer chez la CNR qui verse leur dû à plus de trois millions d’Algériens chaque fin de mois. Ce sont quelque 580 milliards de dinars qui sont évoqués par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale pour quantifier le déficit actuel de la caisse.

C’est dire qu’en dépit de la fin de l’ère de la retraite anticipée, qui soulage depuis déjà plus d’une année et demie cette caisse des charges que peuvent générer de nouveaux retraités de moins de 60 ans, mais aussi des mécanismes financiers mis en place pour la renflouer, la CNR continue à évoluer sous la dangereuse menace de l’asphyxie à en croire les signaux négatifs régulièrement en provenance de la tutelle. Entre recours à la planche à billets, relèvement des taxes et impôts pour les salariés, ponction sur la fiscalité financière ou encore la taxe spéciale sur les importations de marchandises introduite par la loi de finances 2018, les sources de soutien se sont diversifiées sans pour autant arriver à offrir à la CNR l’équilibre nécessaire qui puisse lui permettre d’assurer convenablement sa mission. Mais la fragilité financière mise en exergue par les pouvoirs publics risque de ne pas être suffisante pour convaincre les syndicats de renoncer définitivement au départ au système des retraites proportionnelles et sans conditions d’âge.
C’est d’ailleurs principalement en direction des nombreux travailleurs qui continuent à revendiquer ce droit comme un «acquis» que sont régulièrement dirigées les alertes chroniques en provenance des autorités concernées, visant à tordre le cou à la contestation sociale qui se poursuit pour une retraite à moins de 60 ans.
De leur côté, les experts en relation de travail ne manquent plus aucune occasion pour répéter qu’un système de sécurité sociale solide repose avant tout sur une politique d’emplois durables. Ce qui est loin d’être le cas, notamment dans une configuration économique dans laquelle l’informel fait sa loi.