La question de l’élection présidentielle est restée en suspens depuis le 22 février et la sortie des Algériens dans la rue contre l’éventualité du cinquième mandat. Elle devrait se reposer avec acuité dans les prochains jours. Avec, inévitablement, de grandes interrogations. La conjoncture actuelle reste extrêmement sensible et pourrait s’exacerber dans les prochains jours lors d’une rentrée sociale à l’évolution inconnue. L’instance de médiation et du dialogue sera mise devant l’obligation de résultat. Jusqu’à quel niveau le dialogue a pu faire adhérer les différents acteurs pour une conférence inclusive ? Quid de la commission indépendante de surveillance des élections ?
Il est évident que les conditions et les outils pour mettre en place un scrutin de cette importance semblent loin d’être réunis. Même les acteurs à qui d’habitude est dévolu le rôle d’entraîneurs ne semblent pas être parés pour la mission. Il est patent que les appareils qui avaient comme rôle de « fabriquer » l’atmosphère des élections semblent, un tant soit peu, désactivés. Des partis comme le FLN et le RND sont aujourd’hui dans un état qui ne leur permet plus de jouer le rôle catalyseur qui était le leur durant les rendez-vous électoraux antérieurs. Une certaine société civile, qui jouait également un rôle non négligeable durant les périodes de vote, semble aux abonnés absents. Les structures qui, hier, avaient le rôle important d’animer la scène et de mettre en branle la machine électorale ont été fortement secouées par le séisme politique suite à l’effondrement de l’option du cinquième mandat. Même le panel a refusé d’associer au dialogue les structures partisanes et sociales, celles qui ont été particulièrement favorables au cinquième mandat. Question qui vaut son pesant d’or : comment, dans ces conditions de déliquescence structurelles, pourrait-on organiser une élection présidentielle sans même réaliser l’indispensable consensus entre Algériens ?