Les vendredis sanglants se suivent et se ressemblent dans la bande de Gaza où tout un peuple est soumis à une situation insupportable par un occupant aux méthodes pour le moins criminelles. Une situation intenable mais qui ne suscite qu’une relative réprobation internationale.

Ainsi, des dizaines de Palestiniens ont été blessés par des tirs israéliens dans la bande de Gaza lors du sixième vendredi consécutif de mobilisation, qui a réuni des milliers de manifestants près des frontières.
Quarante-neuf manifestants ont été tués par les forces d’occupation israéliennes depuis le 30 mars, d’un mouvement de protestation revendiquant le droit des Palestiniens à retourner sur les terres dont ils ont été chassés en 1948. Vendredi, 1 143 Palestiniens ont été soignés dans les hôpitaux, la plupart pour avoir inhalé des gaz lacrymogènes, et 83 après avoir été atteints pas des balles réelles. Les soldats d’occupation, jouissant d’une impunité internationale étonnante, n’hésitent pas à tuer les manifestants palestiniens.
Les Palestiniens de la bande de Gaza, véritable prison à ciel ouvert, se rassemblent depuis le 30 mars par milliers près de la frontière avec l’Etat occupant, surtout le vendredi, dans le cadre de la « Grande marche du retour». Celle-ci vise aussi à dénoncer l’inhumain blocus qu’Israël impose depuis plus de dix ans à l’enclave, ponctué d’agressions depuis 2008.

Un permis de tuer
La situation de la bande de Gaza, où s’entassent près de deux millions de personnes dans des conditions extrêmes, est de plus en plus critique. Mais cette réalité de déni de droit et de répression criminelle n’est pas condamnée comme il se doit sur le plan international.
Les Etats se disant garant du droit international préfèrent regarder ailleurs dès qu’il s’agit d’Israël. Cet Etat occupant semble avoir le droit de massacrer une population dont il occupe les terres depuis plus de soixante ans, le droit de bombarder les pays voisins, comme ce fut le cas récemment en Syrie. Le tout dans un silence -à part certaines réactions timides- qui font froid dans le dos. Vendredi dernier, quelque 10 000 Palestiniens ont pris part au rassemblement régulier en différents points le long de la frontière.
Le peuple est déterminé à faire les sacrifices qu’il faut pour ses droits. L’armée d’occupation ne s’embarrasse pas de tuer de sang-froid des manifestants désarmés. En tout cas, le peu de réactions est interprété comme un permis de tuer de la part de la « communauté internationale ». Cette dernière se limite au minimum syndical pour se donner bonne conscience sur un sujet flagrant d’injustice touchant un peuple de plus en plus seul. L’ONU et l’Union européenne ont réclamé des enquêtes indépendantes sur les tueries de l’armée israélienne. Des réactions qui risquent de ne pas avoir de lendemain à propos de tueries décidément bien invisibles pour la « communauté internationale ».n