Les députés de l’opposition ont moins critiqué le rapport du gouverneur de la Banque d’Algérie que d’ordinaire. Hier, à l’Assemblée populaire nationale (APN), à l’occasion de la présentation du rapport annuel sur la situation économique et financière du pays, en séance plénière, les parlementaires des formations de l’opposition ont décelé des éléments «positifs» dans le document de Mohamed Loukal.

En effet, l’aspect positif révélé par ce dernier est «la réalité des chiffres» et «la vérité sur la situation économique du pays». «C’est la première fois que nous recevons à l’Assemblée nationale un rapport de la Banque d’Algérie qui évoque des réalités reconnues», a d’emblée fait remarquer Abderrahmane Benferhat, député de l’Alliance de l’Algérie verte (AAV) au sortir de la plénière.
«Il y a un déficit de la balance des paiements et dans les budgets, il y a des chiffres vrais qui concernent les petites et moyennes entreprises. Et s’agissant de la dévaluation du dinar ainsi que d’autres vérités, qui sont autant de données vraies mises en évidence clairement et reconnues, pour la première fois dans le rapport du gouverneur de la Banque d’Algérie» a-t-il argué. De son côté, Naâmane Laouer, député du Mouvement de la société pour la paix (MSP) reconnaît qu’«il y a une nette amélioration dans le rapport du gouverneur de la Banque d’Algérie par rapport aux précédentes années. Il est plus réaliste et il y a même une meilleure explication et des précisions qu’on n’a pas connues lors des précédentes années». Toutefois, Benferhat estime que le gouvernement doit prendre en charge un certain nombre de questions à l’instar de «l’amélioration de la situation monétaire du pays à travers la révision de la loi actuelle sur la monnaie et le crédit car elle est à l’origine d’une multitude d’obstacles». De même qu’il appelle à un meilleur contrôle des opérations du commerce extérieur, au même titre que l’amélioration du recouvrement fiscal. «Nous souhaitons tout autant la prise en charge de l’argent qui circule dans les marchés parallèles.» Même son de cloche chez Naâmane Laouer qui, lui aussi, pointe du doigt la situation financière du pays. «Le gouverneur dit qu’on va maintenir le dinar dans une situation stable. Je considère cette position comme étant courageuse», a-t-il indiqué. Avant de soutenir : «On verra si les choses sont bien mises en œuvre sur le terrain.» Idem s’agissant de la balance des paiements. «On nous dit que les importations ont diminué mais le problème est que les exportations hors hydrocarbures également ont diminué», note-t-il, arguant que «la baisse des exportations hors hydrocarbures ne s’explique pas et constitue un problème épineux.
Le gouvernement n’est pas excusable sur cette question puisqu’il a moult fois insisté sur l’impératif de prendre en charge cette question».
Evoquant «l’ouverture des guichets de change de manière officielle pour lutter contre le marché parallèle, le député estime qu’«il n’y a rien de concret à ce niveau et les responsables répètent des promesses qu’ils ne tiennent pas». De son côté, Mohamed Ould Hocine, député du Front de libération nationale (FLN), estime, en effet, que les chiffres donnés par le Gouverneur de la Banque d’Algérie sont «réalistes», mais pointe du doigt «les dépenses excessives» du pays. «Tout le problème se situe au niveau de la balance des paiements qui est déficitaire. On reçoit moins d’argent que d’habitude mais on dépense autant.» «Ce qui est déplorable, c’est le niveau des importations qui est resté le même», regrette-t-il encore. «En dehors des importations obligatoires, à l’image des produits indispensables à l’industrie, à la pétrochimie, les imputs, il y a beaucoup de produits importés qui doivent disparaître», fait-il observer.
Avant de se réjouir du fait qu’Abdelmadjid Tebboune, le ministre intérimaire du commerce ait décidé de réviser la structure des importations. «Il ne faut pas vivre au-dessus de ses moyens», a-t-il préconisé.