Le rapport 2015 de la Banque d’Algérie est soumis à débat à l’APN. Il en ressort une série de chiffres, dont certains sont préoccupants. Il en est ainsi pour le déficit comme pour d’autres indicateurs.

Le déficit de la balance des paiements a en effet évolué en 2015 dans une zone négative : -27,54 milliards de dollars contre -9,2 milliards de dollars en 2014. Pour l’éponger, le pays aura été contraint de puiser dans ses réserves de change qui sont passées de 178,94 milliards de dollars à fin 2014 à 144,13 milliards de dollars à fin 2015. Elles représentent 27 mois d’importations.
C’est peu. Les importations de marchandises se sont établies à 52,64 milliards de dollars en 2015, contre 59,67 milliards de dollars en 2014. Les importations de biens et services se sont également emballées, dépassant les 70 milliards de dollars. Pendant ce temps, les exportations ne progressent pas, atteignant 34,56 milliards de dollars en 2015, contre 60,12 milliards de dollars en 2014. Elles ont baissé de moitié. Le pays a aussi puisé dans le Fonds de régulation des recettes, il en a ponctionné 2 336 milliards de dinars. Le FRR comptait en 2015, 2 072 milliards de dinars, contre 4 400 milliards de dinars en 2014.
Il a été vidé fin 2016. Au chapitre liquidités, le rapport de la banque des banques fait état de contraction de ces liquidités, passant de 2 826,3 milliards de dinars en 2014 à 2 135 milliards de dinars en 2015. Quant aux créances non performantes, elles sont jugées élevées. Le rapport dont il est question livre en outre quelques indications sur les institutions bancaires, soulignant que le paysage s’est enrichi avec l’ouverture de plusieurs agences bancaires. En effet, à fin décembre 2015, le réseau des banques publiques comprend 1 123 agences, celui des banques privées 346 agences et celui des établissements financiers 88 agences à fin 2014. Le total des agences des banques et établissements financiers est estimé à 1 557 contre 1 526 en 2014, soit un guichet pour 25 660 habitants, contre 25 630 habitants en 2014. En décrypté, cela signifie que le réseau bancaire dans sa globalité reste très modeste, par comparaison à ce qu’il existe dans de nombreux pays africains, par exemple. En ce qui se rapporte au centre des chèques postaux, le réseau d’agences est plutôt plus dense avec 3 585 guichets reliés électroniquement.
Au tableau des prix, la tendance était à la hausse en, 2015. Elle s’est maintenue en 2016. Et, il y a risque qu’elle se poursuive en 2017. Et cela n’est pas sans conséquence sur l’inflation. Après avoir atteint 8,9% en janvier 2013, cette dernière a grimpé à 5,3%° en 2015. Il est par ailleurs mentionné dans ce rapport, une forte dépréciation du dinar, face aux principales devises. Le cours moyen annuel du dinar est ainsi passé de 80,57 dinars pour un dollar en 2014, à 100,46 dinars en 2015, soit une dépréciation de 19,81%. Le dinar a perdu aussi 4,07% en valeur face à l’euro.
Il est passé de 106,91 dinars pour un euro en 2014, à 111,44 dinars pour un euro en 2015. En moyenne mensuelle, le cours du dinar face au dollar s’est déprécié tout au long de la période allant de janvier 2014 à décembre 2015, passant de 78,11 dinars pour un dollar en décembre 2014 puis à 107,27 dinars pour un dollar en décembre 2015. Face à l’euro, le dinar s’est toutefois stabilisé entre janvier 2014 et avril 2014 pour se déprécier tout au long de la période restante. Le document établi par les services de la banque centrale relève, au sujet de la dette interne, que celle-ci est passée à 2 442 milliards de dinars en 2015, contre 1 239 milliards de dinars en 2014 et 1 172,8 milliards de dinars en 2013.
Cela est lié essentiellement au rachat des créances au titre de l’assainissement des situations financières des entreprises publiques et à la mise à niveau des fonds propres des banques publiques. Le relèvement de la dette interne pourrait cependant avoir des répercussions sur la politique de crédit aux entreprises, qu’elles soient publiques ou privées.