Hier, dimanche, a été une journée de chiffres qui dérangent mais dont la vertu est de rappeler aux Algériens dans quelle situation économique se trouve le pays.

Celle-ci n’est pas très reluisante : une baisse des réserves de change à 114,1 milliards de dollars à fin décembre 2016 contre 144,1 milliards de dollars à fin 2015, une balance des paiements en déficit, un emballement des importations, etc. Mais face à laquelle il n’y a pas de fatalité. C’est, en tout cas, le résumé qu’on peut faire du grand oral sur la crise que le gouverneur de la Banque d’Algérie a fait devant les députés de l’APN. Ces derniers, hormis quelques critiques entendues ça et là dans les travées de l’Hémicycle, ont fait part d’un étonnant réalisme et d’une attitude plutôt surprenante par rapport aux indicateurs inquiétants que le chef de la Haute autorité monétaire a déroulés devant eux hier. La surprise en question est dans le fait que de nombreux parlementaires, qui ont entendu l’intervention de Mohamed Loukal et qui l’ont jugée porteuse de vérités qu’il faut dire à nos compatriotes également, s’apprêtent à entrer en campagne pour les législatives du printemps prochain. Sans préjuger de la manière dont leurs formations politiques vont se lancer dans la course ni de la façon avec laquelle ils vont aborder les dossiers économiques- ceux sur lesquels il n’y a pas de possibilité de chicaner, l’accueil que ces parlementaires ont réservé, hier, au gouverneur de la Banque d’Algérie est un signe et un gage de maturité. On ose espérer alors que, lors de la campagne, ils iront faire comprendre à leurs électeurs la nature des difficultés par lesquelles passe l’Algérie depuis la chute brutale des cours pétroliers et quel est le sens des mesures prises par le gouvernement pour limiter l’impact du phénomène sur ses fondamentaux. On aura alors au moins une campagne électorale intelligente, loin des propos creux, et sollicitant l’intelligence des gens et la nécessaire importance à redonner au travail et à ses valeurs, à tous les niveaux et les échelles d’activité et de responsabilité.
Il est bon qu’on parvienne à faire face aux chiffres et aux indicateurs, surtout quand ils sont mauvais. Il est meilleur qu’on s’en serve pour sonner le réveil de tous.