Cela ne fait même pas une année, mais nombreux sont ceux qui ont oublié. Un rappel s’impose pour avoir une idée sur ce qui s’est passé entre-temps et pouvoir ainsi estimer le chemin parcouru.
Le Ramadan 2021 arrive dans des conditions bien différentes de celles de l’année dernière. Deux sont à mettre en avant. Il y a d’abord, tout ce qui entoure la Covid-19.
En 2020, juste avant le début du mois béni, les mesures de confinement étaient drastiques, surtout pour dix wilayas. Il faut se rappeler qu’à Blida, c’était le confinement total. Une période de psychose que les habitants de la wilaya ne pourront jamais oublier. Dans neuf autres (Alger, Aïn Defla, Médéa, Sétif, Oran, Tizi Ouzou, Tipasa, Béjaïa et Tlemcen), c’était différent. Elles étaient soumises à un confinement partiel, de 15H au lendemain 7H. Les 37 autres wilayas subissaient un régime moins sévère, de 19H à 7H. La veille du mois de Ramadan 2020, des mesures d’assouplissement avaient été prises et, à l’époque, cela été perçu comme une véritable bouffée d’oxygène.
A Blida, il était question d’autorisation de sortie de 7H à 15H. Pour neuf wilayas, la « liberté » était prolongée jusqu’à 17H. Pour certains cela paraît si lointain, pourtant, ce n’est même pas une année (le Ramadan 2020 a débuté le 23 mai).
Même si la pandémie n’a pas encore disparu, c’est clair que la psychose de l’année dernière n’est plus d’actualité. Toutefois, pour le Ramadan 2021, le ciel est devenu bien plus morose pour certains.
De nombreuses, très nombreuses, familles algériennes s’apprêtent à vivre le mois béni sans des proches qui ont quitté ce monde pour cause de Covid-19. Les chiffres macabres sont là. A la veille du Ramadhan de l’année dernière, le nombre de décès était de 575 et, hier, 11 avril, il a atteint 3 130. Ainsi, 2 555 personnes manqueront, en ce premier jour de Ramadan, à la table familiale du ftour.
La disparition des proches s’ajoute à un autre paramètre, dont le poids est bien pesant. Celui du pouvoir d’achat des Algériens qui a sensiblement diminué depuis mai 2020. La crise économique déclenchée par la pandémie a touché
de plein fouet les familles algériennes. D’ailleurs, s’il fallait expliquer le peu « d’engouement » – par rapport à l’année dernière – des Algériens pour les magasins et les marchés, il ne faut pas aller loin, les poches sont très peu « garnies »…