Des champions paralympiques, des techniciens et des membres de l’assemblée générale de la Fédération algérienne handisport (FAH) ont dénoncé lundi un climat délétère prévalant au sein de l’instance fédérale et qui, selon eux, nécessite au plus vite l’intervention des pouvoirs publics et de toute la famille de la discipline.

Les contestataires sont remontés contre le président de la fédération, Mohamed Hachefa, en raison de «ses agissements et décisions», quelques mois seulement après son installation à la tête de la FAH pour le mandat paralympique 2017-2020, expliquent-ils dans un courrier comportant plusieurs rapports transmis au ministre de la Jeunesse et des Sports, El Hadi Ould Ali. «Nous constatons de jour en jour, l’absence de sérénité et de communication entre le premier responsable de la fédération et la Direction technique nationale ainsi que les athlètes d’élite et leurs entraîneurs. Ajouter à cela, les agissements irrationnels du président, lequel s’attribue tous les droits, à travers ses décisions défiant la loi et les directives de la tutelle», ont indiqué les signataires d’une pétition adressée au premier responsable du secteur et dont l’APS détient une copie. Ils évoquent ainsi les «graves dépassements» de Mohamed Hachefa, entre autres «la falsification du logo et de l’en-tête de la fédération, le maintien au sein du bureau fédéral de deux membres suspendus par le ministère et la nomination d’un nouveau secrétaire général sans l’aval de la tutelle», mais aussi «la nomination, contre toute logique, d’autres responsables des commissions paralympiques par type d’handicap, malgré l’ordonnance du ministre de maintenir les commissions telles qu’elles sont». Pour les frondeurs, il s’agit d’autant de «dérapages» et d’entorses à la loi et à la réglementation en vigueur» qui «doivent impérativement interpeller la famille du handisport en général et les pouvoirs publics en particulier, appelés à intervenir avant qu’il ne soit trop tard», assurant que des démarches d’apaisement et de sagesse avaient été initiées, en vain. «Nous devions porter à la connaissance de l’opinion publique sportive ces faits qui ne font qu’aggraver la situation de jour en jour. La responsabilité est collective quant au devenir du handisport et l’urgence est aussi de rigueur, car le temps est compté pour nos techniciens et athlètes, appelés à préparer d’importantes échéances (Championnats mondiaux, Jeux mondiaux, Jeux africains, Jeux méditerranéens et surtout les Jeux paralympiques), soit tout un programme qui nécessite, tout d’abord une stabilité, de la raison et une cohésion totale entre tous», ont conclu les contestataires. Pour sa part, le président de la fédération, Mohamed Hachefa a rejeté en bloc ces accusations «diffamatoires» envers sa personne. «Il n’y a rien de vrai dans tout cela. Jusqu’à présent, j’ai calmé le jeu et je n’ai fait aucune déclaration. J’ai pris connaissance de ces accusations et j’ai demandé audience au ministre de la Jeunesse et des Sports, car la situation a porté une grave atteinte à ma personne. Je n’arrive même pas à travailler convenablement et cela ne peut plus durer», a réagi Mohamed Hachefa, joint au téléphone par l’APS. «Je suis venu à cette fédération avec le souhait et la volonté de faire quelque chose, donner un plus et mettre fin à d’anciennes pratiques, mais je vois que mes décisions n’arrangent pas certaines personnes. J’ai essayé l’apaisement, mais ces personnes n’ont rien voulu savoir. Je n’ai rien à me reprocher», a souligné le numéro un de la FAH, ajoutant que c’était lui qui devrait dénoncer des irrégularités et dépassements commis par des membres de la fédération. «Sachez que j’ai déposé plainte contre X pour falsification du PV de dépouillement de la dernière assemblée élective car je n’admets pas ce genre d’agissements dans une instance dont je suis le premier responsable, jusqu’à présent», a révélé le président de la FAH, informant que la nomination d’un nouveau secrétaire «par intérim», a-t-il tenu à préciser, intervient en l’absence d’un SG et «dans le souci de faire marcher les choses».