Après un début de campagne de vaccination timide, ou symbolique, la cadence devrait pouvoir atteindre un seuil plus important que celui ayant prévalu au démarrage. Les annonces faites par les autorités sanitaires sur les prévisions d’approvisionnement en quantités de vaccins anticoronavirus de la part de trois fournisseurs plaident pour un accès plus large de la population à la vaccination, notamment celle des catégories prioritaires.

Selon les prévisions annoncées, l’Algérie pourrait réceptionner, d’ici la fin de ce mois, des quantités bien plus importantes que celles avec lesquelles elle a commencé la vaccination et qui totalisaient 100.000 doses (50.000 doses du vaccin Spoutnik V et 50.000 autres du vaccin AstraZeneca-Oxford).
Le pays s’attend donc à réceptionner entre 700.000 et 800.000 doses du vaccin AstraZeneca-Oxford à la fin février, un autre lot du vaccin russe Spoutnik V au cours de ce mois, mais la date ainsi que la quantité n’ont pas été précisées. De même qu’il est attendu la réception d’un don de vaccin chinois d’ici la fin du mois, mais dont on ignore également la quantité.
Ce qui est certain, c’est que les volumes devant être reçus par l’Algérie, même s’il n’est pas possible d’avoir une estimation exhaustive pour l’heure, mais juste une idée, seront incontestablement supérieurs à ceux du début de la vaccination estimés «faibles» par de nombreux professionnels de la santé qui reconnaissent, en même temps, que «cela a permis le lancement vaccinal dans les wilayas qui enregistrent le plus de cas Covid et contribué à décrisper, un tant soit peu, les réticences des citoyens».
Les prochaines livraisons de vaccins anti-Covid-19 à l’Algérie telles qu’annoncées, et donc sauf imprévu, permettront d’augmenter le rythme de la vaccination en raison de la faiblesse des quantités de doses reçues jusque-là. «Que peut représenter une quantité de 100.000 doses quand on sait qu’on a besoin de 40 millions de doses, pas dans l’immédiat certes, mais plusieurs mois ?», se demandent-ils, tout en disant «souhaiter qu’il n’y ait pas de retard dans les approvisionnements annoncés».
Pour eux, les prochains arrivages représentent une sorte de «soulagement». «C’est une bonne nouvelle si les quantités qui peuvent avoisiner un million de doses arrivent d’ici la fin du mois. Cela pourra effectivement augmenter la cadence de vaccination et on pourra enfin l’élargir à un plus grand nombre de citoyens, surtout ceux qui se trouvent parmi les catégories prioritaires, dont les professionnels de la santé, les personnes âgées et les malades chroniques», nous a-t-on affirmé.
Pourrait-on alors parler d’une véritable accélération de la vaccination anti-Covid-19 d’ici la fin du mois ou au début du mois prochain ? A cette question, c’est plutôt l’incertitude qui prédomine dans la réponse des professionnels de la santé. Selon eux, «personne ne peut dire exactement quand pourrait avoir lieu une accélération de la vaccination ou une vaccination de masse». «Cela dépend, en effet, des quantités qui seront effectivement reçues et non seulement promises», estiment-ils.

L’organisation, talon d’Achille
En attendant que les quantités supplémentaires de vaccins arrivent sur le sol algérien, les spécialistes relèvent que ce temps pourrait être mis à profit afin de mieux organiser la campagne vaccinale, car le début n’a pas été à la hauteur des attentes. «Il faut réellement mettre en place les listes des personnes prioritaires. Si cette opération est plutôt aisée pour le personnel de la santé, il faut, en revanche, trouver le moyen de lister et de contacter les autres catégories prioritaires que sont les personnes de plus de 65 ans et des malades chroniques», a-t-on suggéré. Cette opération, à elle seule, si elle venait à être maitrisée, permet déjà d’avoir «une meilleure visibilité au niveau ces centres de vaccination et d’établir un programme plus ou moins précis de réception des gens qui veulent se faire vacciner».
Une autre solution existe aussi pour une meilleure programmation et une meilleure maitrise de la campagne vaccinale. Les spécialistes expliquant qu’il s’agit de passer à une sorte de «centralisation» de la vaccination. «C’est une solution qui peut être envisagée plutôt que d’avoir des milliers de centres vaccinaux éparpillés à travers le territoire national», suggère-t-on encore. Leur recommandation de centralisation s’explique par le fait que cette dernière permet, en fait, d’avoir «une vaccination mieux contrôlée».
Telle que la campagne a débuté et continue actuellement, on constate qu’il y a «une multiplication des centres, avec des doses distribuées un peu par-ci un peu par-là, et cela ne permet pas d’avoir une vision claire et on se pose des questions : au niveau de ces centres qui est la cible ? Comment avoir la traçabilité, etc. ?». En somme, tout n’est pas clair, s’accorde-t-on à dire, et des efforts sont attendus aussi bien sur le plan de la communication envers les professionnels en charge de la vaccination que sur le plan organisationnel. «Il est encore temps de bien nous organiser, ce n’est pas tard, nous venons à peine de commencer l’opération de vaccination qui va durer toute une année», ont résumé les spécialistes.