L’heure est grave et la situation épidémiologique connaît un bon inégalé depuis des mois, en dépassant le seuil des 800 vendredi dernier. Ce bilan fait craindre le pire aux spécialistes qui sonnent l’alerte générale pour une réelle prise de conscience des Algériens afin de respecter les gestes barrières et se faire vacciner.

Par Sihem Bounabi
A cet effet, le Directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), le Pr Fawzi Derrar, a déclaré, hier, sur les ondes de radio Sétif que «l’alarme est sonnée et le nombre de contaminés va doubler dans les prochains jours. Il y a une terrible augmentation au quotidien des cas liés au Coronavirus». Annonçant que «nous assisterons au pic de cette vague dans deux semaines». Il enchaîne qu’après ce pic, il y aura un décrue du nombre de contamination à condition que la vigilance soit renforcée sur le plan du respect des gestes barrières mais également en intensifiant la campagne de vaccination. Le Directeur général l’IPA souligne que le nombre de contaminations, qui a explosé actuellement, était prévisible dès l’identification de l’entrée des nouveaux variants en Algérie, dont le virulent Delta, ainsi que plusieurs indicateurs externes et internes. Il précise que la nouvelle vague de coronavirus qui frappe de plein fouet l’Algérie a été causée par la souche indienne Delta qui se répand rapidement avec un taux de 2,67%, et également par l’Alpha britannique, avec un taux de 50,4%. Le Pr Fawzi Derrar estime ainsi que la chose la plus préoccupante actuellement est le variant Delta car il est très virulent et contagieux. La personne contaminée par ce variant peut contaminer à son tour au minimum 8 autres personnes. Ajoutant que «ce variant est responsable de l’admission d’un grand nombre de patients à l’hôpital, créant une surcharge».
Face à la recrudescence des cas de contamination au coronavirus, la saturation des hôpitaux, constatée dans les wilayas les plus touchés ainsi que relâchement totale du respect des gestes barrières, dont le port du masque et la distanciation physique dans les commerces, les lieux publics et les transports, le Directeur général de l’Institut Pasteur affirme que «toutes les options sont actuellement sur la table, y compris un retour à un confinement total ou partiel dans certaines régions». Il explique à ce sujet que si nous ne voulons pas connaître le scénario indien, européen ou tunisien, la solution est entre nos mains, le port du masque, le respect de la distanciation sociale et la vaccination». Concernant la vaccination, l’ultime arme contre les complications de la contamination au coronavirus, le Pr Fawzi Derrar affirme que «depuis janvier dernier, nous avons distribué près de 5 millions de doses dans toutes les wilayas, et cette semaine nous recevons 4 millions de doses de Sinovac».
Déplorant la réticence des Algériens à se faire vacciner, il confie ainsi sur les ondes de radio Sétif : «Je n’ai pas compris pourquoi les Algériens n’acceptent pas la vaccination.» Se désolant que certains «espaces ouverts de la capitale ne connaissent aucune affluence». Le Directeur général de l’IPA souligne son incompréhension d’autant plus qu’il assure que «depuis le début de la vaccination, nous n’avons assisté à aucun décès, ni complications graves chez les personnes vaccinées. Ce qui me fait le plus mal personnellement, c’est de voir des Algériens mourir quotidiennement sous nos yeux, alors que nous avons des millions de vaccins en stock qui attendent».
Afin d’inciter les Algériens à se faire vacciner, il a annoncé que des campagnes de sensibilisation seront également menées au niveau des mosquées par les imams. Cette expérience pilote au niveau des mosquées, qui a débuté dans la capitale, sera ainsi élargie au niveau de tout le territoire national. Le Directeur général de l’IPA a également lancé un appel aux responsables des institutions et aux directeurs d’entreprise pour sensibiliser leurs employés et les inciter à se faire vacciner.
Pour rappel, jeudi dernier, le Pr Fawzi Derrar a déclaré que «le taux atteint par cette opération, à savoir 10% seulement, ne permet pas d’endiguer la propagation du variant Delta, d’où l’impératif d’inciter les citoyens à atteindre un taux de 80% à même de permettre de briser la chaîne de contamination et de faire face aux autres vagues». Il a également tenu à rassurer les citoyens quant à «l’efficacité des vaccins contre le virus et ses variants notamment ceux qui devront apparaître dans le futur». <