Par Feriel Nourine
On se souvient que lorsqu’il venait de prendre les commandes du ministère du Commerce, Kamel Rezig avait fait du problème de la distribution du lait en sachet sa priorité. Il s’était alors précipité dans une campagne de menaces à l’adresse des professionnels du secteur, notamment ceux du circuit de la distribution, auxquels il reprochait d’être à l’origine de la pénurie de ce produit vital, n’hésitant pas à les traiter de tous les maux.
Sauf que la guerre lancée par le ministre a été perdue d’emblée. Ce dernier a eu tout le loisir de vérifier à ses dépens que les circuits commerciaux étaient des citadelles difficiles à conquérir. Un peu plus de deux années après son intronisation à la tête d’un département très sensible, M. Rezig est en train de vérifier que rien n’a changé et que les longues files pour décrocher un sachet de lait continuent à mobiliser le citoyen pendant de longues heures et à ajouter à son stress au quotidien.
Tout comme le sachet de lait, la baguette de pain a donné lieu à un bras de fer que s’étaient livrés la même tutelle et les boulangers autour d’un prix que ces artisans ne pouvaient plus accepter, parce qu’ils le jugeaient dépassé par le prix de revient du pain. Une solution à ce problème a fini par être trouvée à travers un effort fiscal de l’Etat qui, quelque part, donne raison aux revendications de ces artisans et discrédite la méthode utilisée auparavant à leur encontre.
Autrement dit, les hostilités ne servent que rarement à régler ce type de situation. Pour preuve, le ministère du Commerce se retrouve aujourd’hui à rompre catégoriquement avec son discours initial et est contraint de réviser sa tactique. La méthode utilisée est presque la même que celle pour les boulangers, dans la mesure où elle porte sur le rehaussement de la marge bénéficiaire des producteurs et des distributeurs de lait, soit 1 dinar supplémentaire pour les premiers et 2 dinars pour les seconds. Parallèlement, un cahier des charges est en voie d’entrer en jeu pour réguler l’activité des laiteries en vue d’augmenter le volume de production.