Des nouvelles mesures prises, dimanche, en Conseil des ministres l’on peut déduire que le gouvernement semble prendre conscience de la nécessité de ne pas gripper le moteur économique, comme ce fut le cas en 2020, lorsque les restrictions destinées à enrayer la propagation de l’épidémie ont donné lieu à une crise économique et sociale très sévère.

Par Hakim Ould Mohamed
Les nouvelles mesures prises, dimanche, répondent à la fois aux doléances de la communauté des médecins et des infirmiers et celles des patrons, craignant une nouvelle phase de confinement qui aurait des conséquences désastreuses pour l’économie et les entreprises.
Elles sont encore nombreuses à être prises dans l’étau des conséquences du précédent choc pandémique et à se débattre dans des difficultés financières insurmontables. Dimanche, l’Exécutif, réuni en Conseil des ministres, sous la présidence du chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a décidé de ramener le couvre-feu sanitaire de 20H jusqu’au lendemain à 06H à compter d’hier lundi pour une durée de 10 jours, dans 35 des 58 wilayas que compte le pays. Cette décision s’accompagne de nouvelles mesures restrictives visant les activités de loisirs. Il a été ainsi décidé de fermer les salles de sport, les maisons de jeunes, les centres culturels, les espaces récréatifs et les plages et d’interdire les rassemblements et l’activité des salles des fêtes. Les cafés et les restaurants ne pourront plus servir à table et devront se limiter uniquement à la vente à emporter. En revanche, les transports urbains publics et privés seront suspendus durant les week-ends sur l’ensemble du territoire. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a préconisé «l’augmentation du taux de vaccination dans les wilayas à forte densité démographique, étant les premiers foyers de contamination», tout en accélérant dans la production en quantités suffisantes de l’oxygène liquide et en renforçant le contrôle dans les marchés et les commerces quant au respect des mesures de protection et de distanciation sociale. Il est question ainsi d’éviter que la machine économique ne soit grippée à nouveau au lendemain d’une année de récession (-5,5%) et de lézarder les espoirs de reprise pour laquelle un programme de refinancement spécial de 2 100 milliards de dollars a été récemment arrêté.
Après plusieurs semaines de hausse ininterrompue du nombre des contaminations quotidiennes à la Covid-19, l’urgence sanitaire a fait l’objet, dimanche, d’un Conseil des ministres, lequel était néanmoins confronté à un dilemme et non des moindres, celui de prendre de nouvelles mesures afin de bloquer le compteur des contaminations et des décès, tout en évitant un décrochage durable du pays. Ainsi, le gouvernement a tenté de répondre aux inquiétudes suscitées à la fois par les deux communautés, médicale et d’affaires, l’une réclamant des mesures à la hauteur de la situation pandémique, l’autre craignant les conséquences économiques et sociales d’un nouveau tour de vis sanitaire.
Se voulant rassurant, le gouvernement a donné des gages quant à la préservation de l’activité économique, tout en mettant en place de nouvelles mesures restrictives destinées à endiguer la diffusion accélérée du virus. Le moment est critique et les choix sont difficiles, étant donné qu’il s’agit de trouver un chemin de travail censé préserver l’appareil national de production et les emplois ainsi que le système de santé des conséquences de la nouvelle vague pandémique. Le gouvernement sait que le coût économique et social du confinement est d’autant plus colossal et insurmontable dans la durée qu’il faille éviter les mesures extrêmes.
Dans cet exercice, l’accélération de la vaccination est la clé de succès du nouveau plan de travail, car reposant sur la nécessité de vacciner la moitié de la population des grandes villes pour pouvoir éviter à l’avenir les mesures qui fâchent. En 2020, les restrictions de circulation des biens et des personnes ont contribué à faire chuter l’activité de certains secteurs de moitié, voire plus. Ce coup de frein brutal avait entraîné une récession de -5,5% selon les chiffres de la Banque mondiale et des pertes énormes sur les chiffres d’affaires des entreprises et sur les emplois. n