La campagne électorale pour la présidentielle du 12 décembre aborde son finish qui voit, à partir d’aujourd’hui, les prétendants à la magistrature suprême abattre leurs dernières cartes dans la perspective de convaincre les citoyens, avant de s’astreindre au silence électoral prévu par la loi. Bien que les cinq candidats en lice tentent, ces derniers jours, de donner du rythme à leur campagne ; en multipliant les sorties publiques, force est de constater que celle-ci est restée sans relief. Trois noms ont, tour à tour, été considérés comme les favoris en puissance pour le poste de président la République. Mais sans que l’un d’eux ne sorte véritablement du lot. Les trois derniers jours qui restent aux candidats ne seront pas, selon toute vraisemblance, suffisants pour transformer cette campagne, plutôt morne et sans attrait, en un véritable moment politique. Il reste pour l’heure particulièrement difficile d’affirmer que l’un des candidats est parti pour triompher jeudi prochain. La dernière ligne droite pour cette élection présidentielle, critiquée dans sa forme, se déroulera, à n’en plus douter, dans une tension extrême. Le mouvement de contestation populaire continuera à exprimer un rejet qui ne semble pas vouloir prendre fin après l’annonce des résultats. Cette élection présidentielle au forceps restera indécise jusqu’à l’ultime journée. Le débat télévisé, prévu vendredi, entre les cinq candidats devrait ainsi constituer probablement l’activité de campagne la plus importante pour eux. L’audience sera vraisemblablement maximale pour cet exercice inédit dans les annales de l’activité électorale présidentielle algérienne. Et pour une élection présidentielle qui intervient au cœur de la crise politique la plus complexe de l’histoire récente du pays, cette animation cathodique pourrait bien constituer un accélérateur du processus électoral. Un processus dont le résultat pourrait en grande partie déterminer l’avenir d’une crise complexe et irrémédiablement marquante.