Par Bouzid Chalabi
L’objectif primordial à atteindre dans l’immédiat en termes de vaccination contre le Coronavirus serait de 50% de la population, si l’on veut s’assurer d’une immunité collective et ainsi mettre à l’abri d’une nouvelle vague de contaminations une large couche de la population.
A ce jour, selon le porte-parole du Comité scientifique de suivi de la pandémie de la Covid-19, Fawzi Derrar, ce sont 5 millions de citoyens qui ont été inoculés, ce qui représente 26% de la population totale. Non sans préciser, lors de son passage hier sur le plateau de la Télévision algérienne, que les cinq millions de personnes vaccinées ont reçu la première et la deuxième dose.
Le porte-parole, qui est aussi le Directeur général de l’Institut Pasteur en Algérie, a en outre fait savoir que le taux à atteindre de 50% de la population, pour se mettre à l’abri d’une quatrième vague, reste à notre portée et dans les temps puisque le pays dispose de 10 millions de doses. Mais «il va falloir à tout prix faire en sorte que la campagne nationale de vaccination contre la Covid-19 s’accélère, ne serait-ce que pour rattraper notre retard dans ce domaine», a-t-il préconisé.
Répondant aux doutes sur les statistiques en termes de campagne de vaccination fournies par le ministère de la Santé et de la Population, Fawzi Derrar s’est empressé d’expliquer : «Depuis le lancement de la campagne, nos équipes sur le terrain comptabilisent au quotidien le nombre réel de vaccins administrés. Des données que compile la cellule centrale créée à cet effet. C‘est pourquoi, nos statistiques sont fiables. Concernant le nombre de décès, où là aussi, les chiffres avancés ont fait l’objet de doute, l’invité de la Télévision a été formel. «Nous disposons d’une plate-forme numérique au niveau du ministère de tutelle pour comptabiliser en temps réel le nombre exact de décès dû au virus de la Covid-19.» Notons que le porte-parole a tenu à faire savoir à cette même occasion que ce sont pas moins 180 000 personnes appartenant à des équipes médicales et semi-médicales qui se sont trouvées engagées pour faire face à la pandémie dès son apparition sur le territoire national. «Une lutte qui a occasionné la perte de 219 personnes entre médecins et personnels soignants», a-t-il précisé.
Revenant sur l’intérêt d’accélérer la campagne de vaccination, le Directeur général de l’institut Pasteur considère que cette accélération «reste tributaire d’un changement de stratégie sur le terrain, notamment par une plus forte mobilisation de personnels affectés aux centres de vaccinations». Poursuivant dans ce sens, «il s’agira donc d’impliquer toutes les parties prenantes». En somme, pour Derrar «il va falloir conjuguer tous les efforts car l’immunité collective est l’affaire de tous».
A propos du variant Delta de la Covid-19, le premier responsable de l’institut Pasteur en Algérie confirme qu’«actuellement, 2% des contaminations sont dues au variant Delta. On se rapproche donc des 100% du fait de la caractéristique de cette variante, «douée d’une capacité de transmission phénoménale», a conclu le Professeur en épidémiologie Fawzi Derrar. n