Les réductions de la production, opérées jusqu’à octobre dans le cadre de l’accord de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires, ont permis de réduire l’offre mondiale d’environ 1,6 milliard de barils depuis l’entrée en vigueur dudit accord, en mai dernier. Ce chiffre a été rendu public par l’Opep, dans un communiqué publié sur son site web après la réunion du Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC).

«Entre mai et octobre 2020, les pays membres de l’Opep et les pays non membres de l’Organisation ont contribué à réduire l’offre mondiale d’environ 1,6 milliard de barils, y compris des ajustements volontaires, ce qui a été essentiel au rééquilibrage du marché», a écrit l’organisation
Pour rappel, l’accord Opep+ a été décidé le 12 avril dernier, alors que le marché pétrolier vivait des jours sombres, les prix s’effondraient sous l’effet du fort recul de la demande provoqué par les mesures sanitaires imposées par la pandémie de la Covid-19, alors à ses premiers mois. Les pays de l’alliance s’étaient entendus sur des coupes volontaires de 9,9 millions de barils par jour entre mai et juin (avec prolongation sur juillet), de 7,7 mbj entre août et décembre de l’année en cours, alors que la troisième phase de l’accord sur une réduction de 5,8 mbj à partir de janvier 2021 jusqu’à avril 2022.
Or, celle-ci pourrait bien être revue à la hausse par l’Opep+ dont la démarche, porteuse lors de ses premiers mois de son application, trouve des difficultés à conserver les effets escomptés sur les cours de l’or noir. C’est ce qui s’est passé notamment le mois dernier, lorsque le baril était redescendu nettement au-dessous des 40 dollars, comptabilisant même ses plus grandes pertes depuis avril dernier, sous l’impact d’un coronavirus à forte recrudescence dans le monde et des mesures sanitaires renforcées qui avaient poussé les investisseurs à la retenue.
Novembre se présente nettement meilleur pour les producteurs, notamment depuis l’annonce de vaccins anti-Covid 19 aux essais probants, suscitant l’espoir d’une relance de l’activité économique prometteuse pour la demande mondiale en brut. Depuis deux semaines, les prix évoluent dans une tendance haussière qui a fait remonter le baril à 44 dollars et plus. Cependant, l’Opep+ se montre prudente et n’écarte pas un réajustement de son accord au cas où le marché replongerait de nouveau dans le rouge. Ceci d’autant que la pandémie est toujours au plus fort d’une seconde vague et que les investisseurs risquent de se montrer, eux aussi, prudents dans leurs espoirs nés à l’annonce des vaccins. «Des mesures plus strictes de confinement de la Covid-19 sur tous les continents, y compris des verrouillages complets, ont un impact sur le rebond de la demande de pétrole et que les risques et incertitudes sous-jacents restent élevés», a-t-on noté à ce propos lors de la réunion de mardi, alors que l’ajustement qui pourrait intervenir a été évoqué par le ministre saoudien de l’Energie, le prince Abdel Aziz ben Salmane. «Nous devons être prêts à ajuster les termes de notre accord si nécessaire», a-t-il rappelé lors de son allocution prononcée en introduction à la rencontre du JMMC. Abondant dans le même sens, il a souligné la nécessité pour tous les signataires de la déclaration de coopération «à maintenir le cap et à rester déterminés à honorer nos engagements respectifs, en ces temps difficiles». «Nous devons rester flexibles et résilients – prêts à nous adapter à la dynamique en constante évolution du marché», a-t-il plaidé dans son allocution. L’impact de ces déclarations sur le marché a été, certes, modeste, mais bon à prendre en cette période difficile à gérer par l’organisation et ses partenaires.
Hier, en fin de matinée, les deux références de brut rebondissaient, après un léger recul la veille. Ce qui donnait un baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin à 44,23 dollars, en hausse de 1,10% par rapport à la clôture de mardi. Quant au WTI américain pour livraison en décembre, il valait 41,82 dollars, après avoir gagné 0,94%.
Reste à savoir de quelle manière vont évoluer les cours d’ici le sommet de l’Opep. En attendant cette échéance, les données du Comité technique mixte (JTC) de l’Opep+, présentées lors de la réunion du JMMC, montrent que «les pays ont compensé les volumes précédemment surproduits». Cela a conduit à «atteindre un niveau de 99,5% des engagements d’ajustement de la production depuis mai», précise-t-on.
Des satisfactions qui n’empêchent pas cependant le JMMC de recommander à tous les pays participants à sa réunion d’être «vigilants, proactifs et prêts à agir, si nécessaire, selon les exigences du marché». n