Le président de l’Association nationale des commerçants et artisans (Anca), Hadj Tahar Boulenouar, a affirmé hier que la situation des commerçants et des artisans est «difficile». Des professionnels qui voient aujourd’hui encore leurs chiffres d’affaires s’effondrer à cause de la crise sanitaire, mais aussi des nouvelles mesures de fermeture et de limitation de l’activité prises par le gouvernement. Le responsable de l’Anca a fait ainsi savoir que près de «50 000 commerçants» ont été contraints de «stopper leur registre de commerce».
Hadj Tahar Boulenouar, qui intervenait sur les ondes de la radio nationale, a également indiqué que «6 ou 7 types d’activités commerciales» se voient encore contraintes «d’arrêter leurs activités à 15 heures, le but étant de limiter les contacts dans l’espace public». Hadj Tahar Boulenouar appelle néanmoins les commerçants et artisans à respecter strictement ces mesures qu’il qualifie de «difficiles, nocives mais nécessaires. Il n’y a pas d’autre solution pour limiter l’impact de la pandémie». Le président de l’Anca a, par ailleurs, fait savoir hier que les contrôles avaient déjà entraîné des sanctions contre «10 000 commerçants par les services du ministère du Commerce pour non-respect des règles sanitaires». Il a également précisé que la structure qu’il dirige «n’apportera pas son soutien aux commerçants sanctionnés pour non-respect des règles sanitaires» ; le commerçant ou l’artisan étant, en effet, «responsable de l’application de mesures sanitaires dans ses locaux, tant par les employés que par les clients». Il demande cependant «aux walis» que les mesures de fermeture soient appliquées de manière équitable et toujours «de façon individuelle». Il prend notamment l’exemple des centres commerciaux : «Il n’est pas normal que l’on ferme l’ensemble d’un centre commercial parce que quelques commerçants ne respectent pas les règles». Et en ce sens, il a clairement été souligné, hier, que la situation des professionnels du commerce était aujourd’hui de plus en plus difficile et avait déjà entraîné un surplus de faillite. «Chaque année nous avons entre 80 000 et 100 000 commerçants qui sont contraints de cesser leur activité. Et depuis le début de la crise du coronavirus nous estimons que nous avons 50 000 commerçants de plus qui ont stoppé leur activité».
Les aides reçues
malgré des couacs
Quant aux aides de l’Etat, Hadj Tahar Boulenouar a fait savoir que les primes de 10 000 dinars, mais aussi «la prime spéciale de 30 000 dinars évoquée par le Présidente de la République» étaient aujourd’hui versées, malgré quelques «erreurs». La majorité des commerçants auraient ainsi «confirmé que les aides étaient arrivées. Mais il est vrai que certains n’ont encore rien reçu, le plus souvent à cause d’erreurs dans les dossiers ou de lenteurs bureaucratiques». Le président de l’Anca demande également à ce que les aides continuent d’être versées «tant que la crise continue et que l’activité est à l’arrêt (…) On espère que ces primes continueront d’être versées aux commerçants impactés par ces mesures sanitaires».
Interrogé sur la question des pénuries, mais aussi d’augmentation des prix de certaines denrées de base, notamment la semoule et la farine, Hadj Tahar Boulenouar a fait savoir que ces informations ont commencé «il y a environ deux semaines», ajoutant «nous avons assisté à la même rumeur infondée lors du premier confinement (…) Dès que nous avons été mis au courant, nous avons contacté les responsables du secteur, les minoteries publiques et privées, des commerçants, des importateurs, des agriculteurs… et la conclusion est que les stocks suffisent jusqu’au premier semestre 2021. Il n’y a aucune pénurie, toute augmentation des prix serait injustifiée».
Le même responsable, intervenant par ailleurs sur la réforme du secteur, l’éradication du marché informel, mais aussi l’introduction de nouveaux moyens de paiement, a notamment indiqué que la décision du ministère du Commerce de ne permettre l’activité qu’aux seuls «possesseurs de registre de commerce», allait dans le bon sens. Hadj Tahar Boulenouar précise ainsi que l’initiative «est une des mesures qui permettra de sortir du marché noir, d’autant que le ministère l’accompagne par la délivrance de registres commerciaux spéciaux pour les marchands ambulants». Quant à la question de la vente en ligne mais surtout la généralisation de terminaux de paiement électronique, dont l’utilisation à grande échelle a été reportée à la fin 2021,alors qu’elle devait se faire avant la fin de l’année 2020, le président de l’Anca se montre malgré tout optimiste : «On espère qu’au 1er janvier prochain, ces nouveaux moyens de paiement seront utilisés au moins dans les grandes surfaces, les centres commerciaux, pour certaines activités de services (…) mais, bien sûr, ce ne sera pas fait en une seule fois, il y a plus de 2 millions de registres de commerce dans le pays». <