Par Sihem Bounabi
Le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo) relance son appel pour que les tests antigéniques rapides puissent être effectués en officine. Dans un communiqué parvenu à la Rédaction, le syndicat précise que cet appel est «dans l’intérêt bien entendu de nos concitoyens et celui du renforcement des moyens de lutte contre le virus, surtout à la veille d’une éventuelle prochaine vague, crainte et annoncée par de nombreux experts».
Dr Messaoud Belambri, le président du Snapo, a tenu à nous souligner, hier, que le fait d’autoriser à pratiquer ce type de tests en officine «va faciliter l’accès de ce genre de test au citoyen, d’autant plus que les officines sont réparties sur tout le territoire national et que ce sont des espaces de proximité qui, en plus de faciliter la vie aux citoyens, auront un rôle utile dans le cadre de la lutte contre la propagation de la Covid-19». Il conforte ses propos en soulignant qu’«en facilitant l’accès de ce type de test au citoyens va permettre de savoir si la personne est contaminée par le coronavirus et ainsi prendre les mesures nécessaires pour se faire soigner et s’isoler et ne pas contaminer les proches. Et de facto, cela contribuera à mettre des barrières pour casser la chaîne de transmission de la Covid-19, surtout dans le contexte actuel du risque d’une quatrième vague virulente. En augmentant le nombre de tests antigéniques, on aura également des chiffres plus proches de la réalité, d’où l’importance d’anticiper avant l’augmentation du nombre de contaminés».
Il tient à rappeler que dans la plupart des pays, à l’instar des pays européens, ce sont des dizaines de milliers de test-antigéniques effectués au quotidien par les officines au vu de l’utilité et des résultats positifs escomptés sur la santé des citoyens et la possibilité de faire barrage à la propagation du virus».
En effet, dans le communiqué du Snapo, il est rappelé que dans pratiquement «la majorité des pays, le pharmacien a été mis à contribution dans le dispositif installé pour la lutte ou la prévention contre la Covid». Mettant ainsi en exergue le fait que le renforcement du système de dépistage contre la Covid passe inévitablement par la mise en place de ce test au niveau des officines. «Ce dépistage en officine peut réellement participer à freiner la propagation du virus et à sauver des vies humaines», souligne le Snapo. Il est aussi souligné que le rôle du pharmacien ne se limite pas au conseil ou à la dispensation des médicaments, mais la pratique pharmaceutique peut être élargie à la réalisation de certaines tâches, notamment le dépistage contre la Covid par les tests antigéniques rapides. Le Snapo affirme également que «ce sont des tests faciles à réaliser et très efficaces dans l’édifice de lutte contre la transmission de la Covid. En cas de signes de la maladie ou de cas de personnes contact, ce test peut participer à freiner la propagation du virus». En conséquence, la réalisation de ces tests au niveau des pharmacies va contribuer à renforcer l’offre de proximité entrant dans la lutte contre la Covid et le dépistage précoce de la maladie. L’autre avantage, selon le Snapo, cela contribuerait à désengorger les services hospitaliers et les urgences médicales, souvent trop sollicités inutilement au moindre petit signe inquiétant pouvant provoquer une atteinte chez nos concitoyens.
Ces tests rapides, efficaces et produits en Algérie ont prouvé leur utilité lorsqu’ils sont réalisés en pharmacie d’officine, dans la complémentation de la stratégie de diagnostic et la construction d’un système de prévention performant.
Protocole de la vaccination contre la grippe et la Covid
Par ailleurs, dans le cadre de la campagne de vaccination antigrippale, le Snapo souligne, dans un second communiqué, que lors de l’audience accordée par le ministre de la Santé au Snapo, lundi dernier, il a été exprimé aux pharmaciens d’officine un accord de principe officiel pour que la vaccination contre la grippe saisonnière soit faite au niveau des officines.
Toutefois, il est précisé que «seuls les pharmaciens bénéficiant d’une qualification post-formation par le ministère de la Santé auront le droit d’effectuer cette vaccination».
C’est dans cette optique que le ministère de la Santé et la Direction générale de la pharmacie et des équipements de santé vont organiser au cours des jours qui viennent une troisième session de formation qualifiante. Le Snapo explique également que les contacts entre différents services du ministère de la Santé (Direction générale de la pharmacie, Réglementation, Prévention) s’intensifient pour «officialiser l’acte de vaccination par décision ministérielle».
La nouveauté pour les pharmaciens qui seront qualifiés à l’acte de vaccination est que «les deux vaccins, anticovid et antigrippe saisonnière, peuvent être administrés simultanément mais dans deux bras différents». Toutefois, cette double vaccination reste à l’appréciation du professionnel de santé et selon l’état de santé du patient. Il est également précisé que les deux doses de ces deux vaccins peuvent également être espacées jusqu’à 15 jours. Le Snapo affirme dans son communiqué que cette année, sur l’ensemble d’au moins 2 millions de doses de vaccin contre la grippe saisonnière qui ont été importées par l’institut Pasteur d’Algérie, au moins 800 000 sont réservées aux pharmaciens d’officine. Il est également annoncé qu’en principe, la campagne de vaccination débutera le 22 novembre prochain.