Alors que la part de l’industrie dans le PIB chute à son plus bas niveau, affectée à la fois par les conséquences de la crise sanitaire et par les difficultés structurelles qui caractérisent l’économie nationale, le nouvel Exécutif tente d’y remédier en identifiant des mesures urgentes, dont la mise en œuvre contribuerait à la relance de l’activité industrielle.

Par Hakim Ould Mohamed
Ces mesures ont fait l’objet d’un débat, samedi, en réunion du gouvernement, qui se veut un prélude à l’élaboration du plan d’action du nouvel Exécutif, piloté par Aïmene Benabderrahmane, Premier ministre et ministre des Finances. Encore une fois, l’accent a été mis sur la nécessité de lever les blocages qui entravent le fonctionnement de l’économie et l’investissement productif, des écueils identifiés de surcroit de longue date sans que des mesures puissent permettre leur levée effective. Il s’agit, entre autres, de la dépénalisation de l’acte de gestion qui a fait couler beaucoup d’encre ces dernières années, ainsi que la problématique portant sur l’amélioration de la gouvernance des entreprises publiques. Sur ces deux questions essentiellement, les précédents gouvernements n’ont fait que pédaler dans la semoule, renvoyant sine die la levée effective de ces blocages dont souffrent les gestionnaires des entreprises publiques particulièrement. Samedi, le discours plaidant en faveur de la dépénalisation de l’acte de gestion et de la réforme de la gouvernance des entreprises publiques a refait surface, à la faveur d’une réunion du gouvernement, consacrée à l’Industrie, à l’Agriculture, à la situation sanitaire ainsi qu’à la communication. Le ministre de l’Industrie du nouveau gouvernement a recommandé que des mesures urgentes soient mises en œuvre pour accélérer la prise en charge des préoccupations des opérateurs économiques aussi bien publics que privés. Les mesures recensées portent sur «cinq (5) axes stratégiques devant conduire à une meilleure performance de l’économie nationale», lit-on dans un communiqué rendu public, samedi, par les services du Premier ministère. Il s’agit de «la préservation de l’outil de production, le développement de l’intégration locale, le ciblage des activités à soutenir dans le cadre de la relance de l’investissement, l’inclusion de l’économie industrielle privée et l’amélioration de la gouvernance des entreprises économique nationales», souligne le communiqué du Premier ministère, sanctionnant les travaux de la réunion du gouvernement. Pour engager l’action de l’Exécutif sur les cinq axes stratégiques recensés par son département, le ministre de l’Industrie a mis l’accent sur certaines mesures urgentes, dont la mise en œuvre «devra booster l’économie nationale». Il a ainsi plaidé en faveur de la nécessité de libérer l’acte d’investir, la dématérialisation des procédures administratives, engager une profonde réforme fiscale visant à simplifier l’environnement fiscal de l’entreprise, poursuivre le dialogue public-privé, redéfinir le rôle de la Banque en tant qu’accompagnateur et conseiller de l’entreprise et la dépénalisation de l’acte de gestion. Ces mesures, quoique identifiées de longue date, reviennent à nouveau sur le devant de la scène faute d’une mise en œuvre effective par les précédents gouvernements. Tout comme le récurrent casse-tête lié au foncier industriel pour lequel le Premier ministre, ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane, a instruit le ministre de l’Industrie à l’effet de procéder à un recensement exhaustif des occupations des zones industrielles et des zones d’activités pour procéder à l’assainissement des situations qui n’ont pas été concrétisées par la réalisation de projets pour lesquels ils ont fait l’objet d’affectation. Cet assainissement, estime le Premier ministre, va répondre aux demandes en instance pour des projets maturés et prêts au lancement et qui sont bloqués faute de disponibilité de foncier.