Dans une déclaration rendue publique, les enseignants du département des sciences financières et de comptabilité, dépendant de la faculté des sciences économiques et de gestion, situé au campus de Tamda, se disent victimes de «violences physiques et morales» de la part des étudiants et d’autres personnes extérieures à l’université. Et de déplorer que cette situation se déroule dans «l’absence totale d’intervention du personnel chargé d’assurer la sécurité au sein de l’établissement et de ses personnels». «Le département des sciences financières et de comptabilité est livré à l’abandon depuis belle lurette. Dépourvu de sécurité, il semble devenir le no man’s land, où toutes les violences s’expriment», écrivent ces enseignants qui signalent un incident grave, dont l’établissement a été le théâtre au début de la semaine en cours et qui a suscité une réaction musclée de ces enseignants. «Empêché de frauder pendant un examen de rattrapage, par l’enseignante chargée de la surveillance, un étudiant de première année s’est tailladé le cou avec un objet pointu. Cet incident a provoqué une panique générale qui a perturbé le déroulement de l’examen. L’enseignante chargée de la surveillance s’est évanouie sous le choc», déplorent les enseignants pour lesquels «les conditions dans lesquelles ils travaillent sont intenables et leur mission s’avère périlleuse chaque jour davantage. Il n’est plus possible d’envisager un fonctionnement normal dans un tel contexte marqué par une violence inouïe envers les enseignants aussi bien de la part des étudiants que des intrus qui ont fait du campus de Tamda un antre propice à toutes les dérives.» Et de dénoncer une «violence aussi verbale que symbolique que subissent les personnels enseignants et administratif et le laisser-aller des services chargés d’assurer leur sécurité». Ne manquant pas d’alerter «sur les conséquences fâcheuses qui peuvent découler de cette situation inextricable qui appelle des solutions urgentes et à la hauteur de ce qu’exige un espace universitaire», ces enseignants ne comptent pas rester les bras croisés face à cette violence multiforme qu’ils déclarent subir quotidiennement. De fait, ils disent «se réserver le droit d’entamer toutes les actions à même de nous permettre de recouvrer notre sécurité et préserver notre intégrité physique et morale». Signalons que toutes les activités pédagogiques sont suspendues au niveau du département des sciences financières et de comptabilité depuis lundi 14 octobre «et ce, jusqu’à nouvel ordre», lit-on sur la déclaration du collectif d’enseignants.