Les enseignants du Département de langue et culture amazighes de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou sont intervenus jeudi dernier dans le débat sur l’avenir de Tamazight en appelant à une réflexion accompagnée d’actions pour la promotion de la langue.

Dans un communiqué, ces universitaires prennent leur distance par rapport aux marches de mécontentement qui ont eu lieu dans plusieurs wilayas du pays et appellent à un recentrage du débat pour que la question ne soit pas l’objet d’instrumentation sans lendemain pour la pratique de la langue, sa promotion et sa généralisation tel que c’est programmé par la Constitution de février 2016. Ces enseignants chercheurs disent leur inquiétude ainsi que leur grogne face au retard pris, selon eux, dans la promotion et la généralisation de Tamazight, près de deux ans après son passage au rang de langue officielle du pays dans la Constitution de février 2016.
Pour eux, le débat sur la promotion de tamazight ne doit pas être lié uniquement au rejet par la commission des finances de l’APN d’un article de loi. Tamazight, affirment-ils, «ne saurait être réduite à l’amendement d’un article d’une loi de finances», dénonçant par la même occasion une «tentative d’instrumentalisation et de diversion visant à détourner l’attention en créant de faux problèmes». «Il est très aisé de comprendre que le problème se situe nettement au-delà d’une pseudo-prise en charge dans le cadre d’une prétendue loi de finances», font-ils remarquer dans le communiqué et réclament une «prise en charge réelle» de tamazight dans le cadre d’une «politique claire, nécessaire et indispensable» pour que cette langue fasse son entrée officielle dans la sphère administrative de l’Etat.
Les enseignants universitaires constatent en tant qu’acteurs directement impliqués que la généralisation de l’enseignement de la langue amazighe «suit son cours» en dépit des difficultés et que ce processus, est «irréversible». Face à cette avancée timide, des projets nécessaires à l’accompagnement de la langue sont en «stand-by» depuis l’officialisation de tamazight, regrettent-ils. Ils font allusion à la «loi organique, ainsi que la création l’Académie de langue ainsi que les décrets d’application. Ces instruments «tardent à voir le jour», soulignent les enseignants. Il en est de même pour le projet de promotion des Département de Langue et Culture Amazighes en Instituts en vue de les doter de davantage d’autonomie de décision, le Centre National de recherche en langue et culture amazighes, dont l’infrastructure et les équipements seraient «prêts à l’emploi», mais qui demeurent sans ressources humaines, ajoute le même communiqué. Ils jugent que la généralisation graduelle de l’enseignement de Tamazight doit s’inscrire dans une «mission plus large», avec une «méthodologie» et des «outils appropriés» pour mener le «processus à son terme»