Par Sihem Bounabi
Une journée de protestation du personnel de santé a été organisée hier à l’EPSP Sidi M’hamed-Bouchenafa en soutien à Hakim Djellili, le directeur de cet établissement de santé de proximité, suite à la décision de la DSP d’Alger de mettre fin à ses fonctions. La considérant comme «injuste et arbitraire», les travailleurs «revendiquent son réintégration».
La journée de protestations a été marquée par une forte mobilisation à l’appel de cinq syndicats. Il s’agit des syndicats des médecins généralistes de la santé publique (SNMG/SP), des psychologues (Snapsy), des paramédicaux (SAP) et des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP), ainsi que l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA).
Selon le Dr Saliha Harabi, responsable du bureau local du SNMG/SP au niveau de l’EPSP de Sidi M’hamed -Bouchenefa, «cinq syndicats se sont mobilisés contre une décision arbitraire et abusive à l’encontre d’un directeur qui fait du bien travail. Depuis sa nomination, il a amélioré la situation de l’établissement. Il est également à l’écoute des travailleurs quel que soit leur grade. On ne veut pas qu’il parte car c’est injuste».
Le président du Syndicat algérien des paramédicaux, Chokri Benammour, déclare pour sa part qu’«à travers cette journée de protestation nous voulons exprimer notre refus de la hogra que subit un responsable qui a fait de l’excellent travail sur tous les plans depuis son installation il y a huit mois». Chokri Benammour explique que le directeur a réussi à installer un véritable dialogue entre la direction et les partenaires sociaux dans un climat de confiance et de respect mutuel. C’est une injustice et nous faisons front en soutien au directeur qui a été sanctionné parce qu’il respecte les lois de la République !» De son côté, Dr Bournan Chafika, psychologue clinicienne, présidente de la section syndicale d’Alger centre du Snapsy, souligne que «la forte mobilisation de tous les travailleurs prouve que nous sommes tous solidaires avec le directeur qui a été injustement relevé de ses fonctions sans raison crédible». Elle confie que cette «décision arbitraire a été prise sans motif et sans explication du jour au lendemain». Enchaînant que «c’est un véritable choc pour nous car nous étions en pleine réunion de travail avec le directeur quand il a reçu la notification de sa fin de fonction. Nous nous insurgeons contre cette façon d’agir». C’est la première fois qu’ un responsable veille matin et soir au bon fonctionnement de l’établissement. Elle ajoute que sur le plan financier, il a assaini la situation de l’EPSP, dont notamment des dossiers de rappel d’échelon qui traînent depuis 2015.
Pour sa part, Saïd Boudela, représentant de la section locale de l’UGTA, exprime également la solidarité de son syndicat pour s’insurger contre cette décision, en soulignant qu’«en plus de cette journée de protestation, nous avons également envoyé une lettre au Premier ministre avec copie au ministère de la Santé et à la DSP d’Alger pour dénoncer l’arbitraire et apporter des clarifications sur cette affaire». Il enchaîne : «Si notre revendication n’est pas prise en compte, nous serons contraints de durcir le ton et d’aller vers un mouvement de grève jusqu’à satisfaction de notre demande.»
Dans la lettre de soutien au directeur Hakim Djellili dont Reporters détient une copie, les travailleurs ne cesse de louer la gestion du directeur, citant entre autres le rétablissement à sa «juste valeur» les prérogatives d’un établissement de santé de proximité, l’amélioration de la qualité des prestations médicales de proximité, de bonnes conditions de travail, le versement régulier des salaires des travailleurs, la numérisation des fichiers…
Abdelhamid Maskri, président du bureau de la wilaya d’Alger du SNMG/SP, affirme qu’après cette mesure injuste de la DSP d’Alger une autre action de protestation est prévue aujourd’hui mardi à l’EPSP de Réghaïa. Et pour cause, le directeur de cet établissement a également été injustement menacé de mise de fin de fonction en raison de cette «situation conflictuelle de commission paritaire et des pressions de la DSP qui veut imposer sa loi en contradiction avec les lois de la République».
«Si la décision de mise de fin fonction est maintenue, nous allons certainement opter pour un mouvement de grève car l’administration se met en travers des réformes et des lois de la République», a-t-il conclu. n